Les honoraires d'avocat de la famille de Pierre Coriolan, mort lors d'une intervention policière en 2017, doivent être payés par l'Etat comme le gouvernement s'y est engagé il y a sept ans, plaident ses proches et des juristes.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

L'enquête publique sur la mort de M. Coriolan s'ouvre dans trois semaines et jusqu'ici, c'est Me Alain Arsenault qui représente la famille, pro bono.

En comptant les avocats de la Ville de Montréal, de la Fraternité des policiers et des policiers eux-mêmes, tout indique qu'au moins sept avocats défendront le point de vue des policiers. La Ligue des droits et libertés a tenu une conférence de presse jeudi pour dénoncer la chose. Sa représentante, Ève-Marie Lacasse, estime que le gouvernement fait preuve de procrastination en n'adoptant pas le règlement qui éviterait aux familles de victimes de payer leurs avocats de leurs poches.

La loi 12, qui devait régler le problème, a été adoptée il y a sept ans, mais pas les règlements qui doivent l'accompagner pour qu'elle prenne effet. «Un étudiant de première année en droit serait capable d'écrire le règlement en un avant-midi», estime Me Arsenault.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Pierre Coriolan

Alexandre Popovic, de la Coalition contre la répression et les abus policiers, a rappelé que Québec a aussi refusé de payer les honoraires d'avocat lors de l'enquête publique de Brandon Maurice, tombé lui aussi sous des tirs de policiers. C'est donc sa mère «qui a elle-même contre-interrogé le policier qui a tué son fils lors de l'enquête publique du coroner, en 2018. Pendant combien de temps les proches de victimes de bavures policières vont-ils devoir subir ce genre d'aberrations?»

Les policiers n'ont pas été accusés dans l'affaire Coriolan, le Directeur des poursuites criminelles et pénales ayant estimé que la force utilisée avait été justifiée dans les circonstances. M. Coriolan, qui avait des problèmes de santé mentale, était en crise.

Une vidéo de la tragédie montre M. Coriolan à genoux et encore frappé après avoir reçu la balle qui lui a été fatale.