Un détenu s’est évadé de prison à l’aide de draps noués, et son complice a presque réussi à l’imiter, dans la nuit de samedi à dimanche, à Sherbrooke.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Les deux hommes ont été rapidement rattrapés par les autorités.

La Presse a appris que Steven Lefebvre et Marc Gordyn, deux criminels avec des antécédents, ont quitté leurs cellules en pleine nuit. Un code noir (tentative d’évasion) a été déclenché.

Lefebvre a réussi à quitter le périmètre sécurisé de la prison, rue Talbot, avant d’être arrêté par la police près d’une piste cyclable voisine. Gordyn a été arrêté avant de pouvoir filer à l’anglaise.

Selon nos informations, les deux détenus auraient utilisé une corde faite de draps noués pour franchir des barrières. Au moins une fenêtre a été fracassée.

« Ils ont tous les deux été rattrapés grâce à la vigilance du personnel », a indiqué Louise Quintin, responsable des communications du ministère de la Sécurité publique. « L’un se trouvait encore sur le site de l’établissement. Il a été reconduit en cellule. La Sûreté du Québec a retrouvé le deuxième après quelques minutes, non loin de l’établissement. Il est actuellement détenu au poste de police. »

Antécédents

Marc Gordyn n’en était pas à sa première tentative d’évasion. En février dernier, il avait faussé compagnie à ses camarades du centre de désintoxication du Domaine Orford, où un juge l’avait envoyé. « Il est considéré comme dangereux », affirmait à l’époque Martin Carrier, porte-parole du Service de police de Sherbrooke. Gordyn a notamment été arrêté pour production de drogue. Il n’a pas été rattrapé avant le mois de mai.

Steven Lefebvre a lui aussi des antécédents liés aux stupéfiants. Ce printemps, il avait entraîné la police dans une longue poursuite après une tentative d’interception pour une infraction au Code de la route. Lefebvre avait fui dans des rues résidentielles et avait même dépassé un autobus scolaire immobilisé, avant d’être arrêté.

Pour le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, ces évasions ratées soulignent l’importance d’augmenter les investissements en sécurité pour les établissements. « C’est primordial d’assurer leur sécurité », a affirmé Mathieu Lavoie, président du syndicat.

« À Sherbrooke, il y a une vingtaine de cellules inutilisables parce qu’elles comportent des bris, notamment des portes abîmées, a dit M. Lavoie. Ça pose des enjeux sur le plan de la sécurité, ça pose des enjeux de classement. » Le fait que Marc Gordyn ait été en mesure de quitter sa cellule alors qu’il était en cavale il y a quelques semaines à peine « soulève des questions », a-t-il ajouté.