Un reporter du Journal de Montréal a obtenu l’assurance que la plainte criminelle du Conseil de la magistrature (le conseil de discipline des juges) dont il faisait l’objet avait été classée sans suite, selon son employeur.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Michael Nguyen, journaliste judiciaire, avait mis la main en 2016 sur un enregistrement vidéo de la juge Suzanne Vadboncœur insultant un constable du palais de justice de Montréal, après un souper de célébration. L’enregistrement faisait partie d’un dossier disciplinaire.

Le Conseil de la magistrature disait avoir été victime d’«intrusion» sur son site web. Il avait en fait placé le document en ligne sans aucune protection, accessible à tous les internautes capables de le retrouver.

«Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre le journaliste», a écrit le Journal de Montréal dans son numéro de ce matin. «Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) l’a informé de sa décision jeudi après-midi.»

«Je n’avais aucun doute qu’il s’agissait du seul dénouement possible, mais ça reste un soulagement», a déclaré M. Nguyen.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a accueilli positivement la nouvelle, tout en soulignant que le reporter était privé depuis bientôt trois ans de son ordinateur, confisqué par la police.

«Même si le DPCP ne porte pas d’accusation, la saisie de l’ordinateur d’un journaliste qui faisait son travail est une atteinte grave à la liberté de la presse», a déclaré l’organisation via communiqué.

«Révéler des faits d’intérêt public n’est pas un crime, ça s’appelle du journalisme et ça doit être défendu, pas pourfendu», a déclaré Jean-Thomas Léveillé, vice-président de la FPJQ, par le biais du même communiqué.

Le Conseil de la magistrature n’a pas rappelé La Presse.