Pour avoir agressé sexuellement une jeune femme ivre qui venait de se faire jeter hors du bar Le Living, Mikael Lévesque Mandacini a été condamné à 54 mois de prison, lundi, au palais de justice de Montréal.

Christiane Desjardins LA PRESSE

Vers 3h, dans la nuit du 29 novembre 2009, une jeune femme complètement intoxiquée a été expulsée du bar Le Living, boulevard Saint-Laurent, sans son manteau. Trois jeunes hommes ont profité de l'occasion pour la violer dans une ruelle, tout près. C'est une résidante du secteur qui, alertée par les cris de la victime, a appelé la police. La jeune femme a été transportée à l'hôpital et les policiers ont réussi à arrêter deux des trois suspects: Nigel Krishna et Mikael Lévesque Mandacini, qui avaient tous deux fêté leurs 18 ans quelques semaines auparavant. Le troisième suspect n'a jamais été retrouvé, et l'enquête se poursuit.

Nigel Krishna a écopé quatre ans de pénitencier après avoir reconnu sa culpabilité à des accusations de séquestration et d'agression sexuelle avec lésions. Lévesque Mandacini, lui, a toujours nié sa culpabilité et soutient qu'il y a erreur sur la personne. Mais comment expliquer qu'on ait découvert l'ADN de la victime dans son slip? Il a eu un procès de 26 jours, au terme duquel le juge Pierre E. Labelle l'a déclaré coupable d'agression sexuelle avec lésions.

En rendant sentence, lundi, le juge Labelle a fait valoir qu'il s'agissait d'un crime empreint de lâcheté. «Votre responsabilité et votre implication sont totales», a-t-il lancé, après avoir signalé que l'accusé se sentait victime d'une injustice, car il estime qu'il est condamné pour un crime qu'il n'a pas commis.

Aucun souvenir

En ce qui concerne la victime, elle ne garde aucun souvenir de l'agression comme telle, mais elle a dû composer avec ses séquelles, notamment de l'anxiété et une faible estime d'elle-même. À son réveil à l'hôpital, elle a tenté de se lever et est tombée. Elle avait des éraflures, des ecchymoses, des douleurs aux parties génitales. Elle a dû recevoir des traitements médicaux, notamment la trithérapie contre le sida, comme mesure préventive.

La procureure de la Couronne Amélie Rivard réclamait cinq ans de prison pour l'accusé, tandis que l'avocat de ce dernier, Clemente Monterosso, demandait 20 mois.  Le juge a opté pour 38 mois, qui s'ajoutent aux 16 mois qu'il a passés en détention préventive. Le juge a noté le jeune âge de l'accusé au moment du crime et le fait qu'il n'avait pas d'antécédents judiciaires. Il devra en outre purger sept jours supplémentaires pour avoir manqué à ses conditions de mise en liberté, l'an dernier. Il avait été intercepté à la sortie d'un bar alors que cela lui était interdit.

La mère de Lévesque Mandacini promet d'interjeter appel, car elle considère que son fils est injustement condamné.