L'Unité permanente anticorruption (UPAC) frappe une nouvelle fois à Laval, mais aussi à Boucherville et Terrebonne. Une cinquantaine de policiers sont impliqués dans une opération qui se déroule depuis 7h ce matin et qui vise trois entreprises.

Mis à jour le 16 oct. 2012
David Santerre LA PRESSE

Les compagnies visitées sont Giuliani inc., de Laval, Desjardins asphalte de Terrebonne, et DJL, de Boucherville. «Aucune arrestation n'est prévue puisque c'est une perquisition en cours d'enquête, mais des personnes seront rencontrées», spécifie Anne-Frédérick Laurence, porte-parole de l'UPAC.



Même si toutes les perquisitions ne sont pas à Laval, il s'agit toujours de cette même enquête sur de possibles actes de corruption dans l'attribution de contrats municipaux lavallois qui avait mené les enquêteurs chez six entrepreneurs la semaine dernière dans cette même ville.



Des enquêteurs du Bureau de la concurrence prennent aussi part à l'opération, ce qui veut dire qu'on n'enquête pas que sur la corruption, mais aussi sur la collusion, ou un mécanisme de fixation des prix.



Dans son témoignage à la Commission Charbonneau, Lino Zambito a mentionné les noms de ces trois entreprises pas plus tard qu'hier. Giuliani dans le groupe de ceux qui se partagent les contrats à Laval, et les deux autres comme étant parmi ceux qui prenaient part au système de collusion dans l'attribution des contrats octroyés par le ministère des Transport du Québec dans la grande région de Montréal.



DJL est la filiale québécoise d'une grande firme française de construction routière, Eurovia. Celle-ci a déjà été trouvée coupable, en Europe, dans une affaire de collusion dans le secteur des panneaux de signalisation routière.



Quant à Giuliani, présidée par Giuliano Giuliani, en plus d'être un gros joueur à Laval, il a été entre 2002 et 2009 le troisième plus important contracteur dans le port de Montréal, avec 16 millions de dollars en contrats, selon des chiffres obtenus par La Presse. Le second était Tony Accurso, via ses firmes Louisbourg et Simard-Beaudry.



Quant à Desjardins asphalte, elle est dirigée par Jacques, Danièle et Claude Desjardins. En août, il avait été révélé qu'elle était une des 25 firmes ayant affiché les plus importants dépassements de coûts dans ses contrats gouvernementaux, entre 2005 et 2011. Des données émanant de documents déposés devant la Commission Charbonneau par Jacques Duchesneau.



La famille Desjardins est aussi un important donateur aux partis politiques. La famille a donné à François Legault alors qu'il était au Parti Québécois, ainsi que lors du démarrage de la CAQ. Les Desjardins ont aussi donné au Parti libéral du Québec pendant la même période. La semaine dernière, J. Dufresne asphalte, Nepcon, Mergad, Valmont Nadon excavation, Poly-Excavation et Louisbourg SBC avaient été la cible de perquisitions de l'UPAC.



Plusieurs de ces dernières ont aussi été mentionnées dans le témoignage de Zambito comme étant impliquées dans le «système» Laval. La semaine précédente, ce sont deux résidences du maire Vaillancourt ainsi que des bureaux municipaux qui avaient été l'objet de fouilles par l'UPAC.