Jean-François Morasse, l'étudiant qui poursuit Gabriel Nadeau-Dubois pour outrage au tribunal, a conçu un site internet pour amasser de l'argent en vue de son procès contre l'ex-porte-parole de la CLASSE, qui doit avoir lieu jeudi et vendredi prochains.

Mis à jour le 25 nov. 2012
Ewan Sauves LA PRESSE

«Faisant suite à de nombreuses offres de donations de la part des citoyens du Québec, je crée cette page pour vous permettre de faire vos dons», peut-on lire dans l'introduction du site.

L'étudiant au baccalauréat en design graphique de l'Université Laval accepte toute aide financière. Versé dans son compte PayPal, l'argent servira uniquement à payer ses frais d'avocat, qu'il estime à 758,99 $. Si la somme récoltée est supérieure aux besoins de sa cause, il s'engage à rembourser les dépenses engagées par les étudiants qui ont réussi à obtenir une injonction au printemps dernier, a-t-il ajouté en ligne.

«Par respect pour la cour», Jean-François Morasse a refusé d'accorder une entrevue à La Presse. «Je vais réserver mes commentaires au juge», a simplement indiqué l'homme de 25 ans.

Sur la page Facebook du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec, groupe partisan de la hausse des droits de scolarité, plusieurs membres ont indiqué avoir fait un don à M. Morasse.

L'ex-porte-parole de la CLASSE a pris connaissance de l'existence du site internet dans les jours précédant sa première comparution.

«C'est son droit de récolter de l'argent s'il le veut, mais je trouve que c'est dommage. C'est le genre d'initiative qui alimente la dynamique de personnalisation du débat, a dit M. Nadeau-Dubois. Ça donne l'impression que tout ce mouvement-là reposait sur mes épaules, que si certains étudiants n'ont pas eu accès à leurs cours, c'est de ma responsabilité personnelle.»

Jean-François Morasse reproche à l'ex-leader étudiant d'avoir appelé au non-respect d'une injonction, lors d'une interview donnée à RDI. Gabriel Nadeau-Dubois, qui a plaidé non coupable le 29 mai, risque une peine de prison de quelques mois, avait indiqué le poursuivant.