La mort de Pierre-Luc Boudreault, enseveli dans un silo à grains de maïs en mars, aurait pu être évitée si les mesures de sécurité avaient été suivies, conclut un rapport de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).

Mis à jour le 14 sept. 2012
Janie Gosselin LA PRESSE

L'employeur aurait dû assurer une meilleure formation à ses employés sur les mesures de sécurité, qui exigent notamment de ne pas entrer dans le silo en cours de vidange et de ne pas s'y retrouver seul, indiquent les conclusions de l'enquête.

Le jeune homme de 24 ans est mort le 15 mars dernier à la Ferme Majonick, à Saint-Esprit. Il avait pénétré seul dans un silo en cours de déchargement pour enlever de la moisissure.

Le propriétaire de la ferme, Germain Majeau, assure avoir resserré les mesures de sécurité depuis l'accident. «On a mangé une volée quand il est mort, a-t-il confié lors d'une entrevue téléphonique. Quand on perd quelqu'un qui est comme notre enfant, qui travaille ici depuis l'âge de 12 ans, ça nous arrache le coeur. C'est sûr qu'on fait tout pour être plus sécuritaire. Il n'était pas censé être seul.»

Le propriétaire est passible d'une amende qui peut varier de 15 420$ à 61 680$.

Les accidents sont assez fréquents dans les silos à grains. Dans la région de Lanaudière, il s'agit du deuxième accident mortel depuis 2007. Aux États-Unis, on a répertorié 51 cas d'ensevelissement par le grain durant la seule année 2010, dont la moitié ont été fatales. «C'est un phénomène connu, mais je pense que les gens sous-estiment les risques», précise Michel Labbé, inspecteur à la CSST.