Quatre ans après avoir été débouté de son action de 47 millions contre la GRC, Alain Olivier tente d'avoir gain de cause en Cour d'appel et insinue que le juge du procès et le procureur général du Canada ont été de mauvaise foi.

Mis à jour le 7 févr. 2012
Christiane Desjardins LA PRESSE

C'est ce qui ressort des plaidoiries qui se sont déroulées hier. M. Olivier, aujourd'hui âgé de 52 ans, a passé huit ans dans les prisons thaïlandaises dans les années 90, après une transaction d'héroïne impliquant des agents doubles de la GRC. À son retour au Canada, il a intenté une poursuite de 47 millions contre le service policier, soutenant qu'il l'avait piégé illégalement.

En février 2008, le juge Michel A. Caron a conclu que M. Olivier a été l'artisan de son propre malheur. Le magistrat a aussi décidé que le recours était prescrit depuis 1996 alors que M. Olivier l'a intenté en 2000.

Hier, l'avocat de M. Olivier, Me François Audet, a lancé plusieurs flèches au juge Caron, estimant que celui-ci a ignoré la preuve qui était en faveur de son client et qu'il a commis des erreurs de droit. «Il y a de quoi qui ne tourne pas rond dans ce jugement-là», a lancé Me Audet, qui s'étonne que le procureur général ait gagné sa cause en ne faisant pas témoigner le témoin principal, Glenn Barry, un agent source de la GRC qui a entraîné M. Olivier dans cette aventure en se faisant passer pour un important trafiquant.

«N'importe quel avocat qui fait des procès va vous dire que si tu ne fais pas témoigner ton témoin principal, les chances de réussite, c'est pas fort», a soumis Me Audet. L'avocat considère également que le procureur général a été de mauvaise foi en ne faisant pas comparaître certains témoins thaïlandais qu'il avait annoncés et il a soutenu que la GRC a fait disparaître de la preuve favorable à M. Olivier.

«Ça fait 10 ans que je vis ce dossier-là. Ça fait 30 ans que je pratique et je n'ai jamais rencontré de tactiques déloyales comme ici», a tonné Me Audet.

Le procureur général soutient pour sa part que le jugement Caron a été rendu en fonction de la preuve et qu'Alain Olivier n'est pas crédible. Qu'il n'était pas le petit toxicomane sans défense qu'il veut faire croire. «Il a été ciblé par la GRC car il disait avoir des contacts en Thaïlande pour acheter de l'héroïne au kilo.» La Cour d'appel rendra sa décision ultérieurement.