Un nouveau meurtre vient encore exposer les conflits qui déchirent la mafia italienne à Montréal: 19 ans après l'assassinat de son père Joe, Lorenzo Lopresti a été trouvé mort sur un balcon, au rez-de-chaussée d'un immeuble de l'arrondissement de Saint-Laurent.

André Noël LA PRESSE

Vers 20h20 lundi, plusieurs personnes ont composé le 911 et signalé des coups de feu, près du boulevard Côte-Vertu et de la rue Hocquart, a indiqué Daniel Lacoursière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal.

«Les ambulanciers d'Urgences-Santé ont constaté le décès sur place», a-t-il dit. M. Lacoursière a refusé de confirmer qu'il s'agissait de Lopresti, mais il a précisé qu'il s'agissait d'un homme de 40 ans «connu des policiers».

Lopresti n'occupait pas de fonction importante dans la mafia, mais il était le bras droit d'un homme fort du clan sicilien: Antonio Pietrantonio, connu dans le milieu sous le nom de Tony Suzuki, en raison de ses intérêts dans un concessionnaire de voitures Suzuki.

Ce meurtre, le 31e de l'année à Montréal, survient un mois après un attentat contre Raynald Desjardins, un des dirigeants du crime organisé qui s'est éloigné du clan sicilien après l'arrestation de Vito Rizzuto. Desjardins a été la cible de coups de feu, à Laval, mais il n'a pas été touché.

De son côté, Lorenzo Lopresti, connu plus simplement sous le nom d'Enzo, avait été proche du fils de Vito, Nicolo Rizzuto Jr, avant l'assassinat de ce dernier en décembre 2009. Les deux hommes faisaient des affaires ensemble. Lopresti était impliqué dans le blanchiment d'argent, le jeu illégal et le prêt usuraire.

Aucun leader ne s'est imposé comme chef unique de la mafia à Montréal depuis l'emprisonnement de Vito Rizzuto aux États-Unis et l'assassinat de son père, Nicolo senior, en novembre dernier. Des caïds jouent un rôle important, mais ils sont divisés.