Oyez, oyez, oyez!

Christiane Desjardins LA PRESSE

C'est en prononçant cette formule d'une autre époque, hier, qu'un officier de la Cour supérieure a ouvert la dernière audience avant le début du procès de la famille Shafia, à Kingston. Dès après, le juge Robert Maranger a rendu une décision au sujet des BlackBerry et de l'utilisation de Twitter dans la salle du tribunal.

L'ancien et le nouveau. Ce choc entre deux mondes est à l'image de ce procès, qui commence aujourd'hui, et dont la particularité devrait marquer les annales judiciaires canadiennes.

Mohammad Shafia, 58 ans, sa femme Tooba Yahya, 41 ans, et leur fils aîné, Ahmed, 20 ans, sont accusés d'avoir tué avec préméditation quatre femmes de leur famille, le 30 juin 2009. Ce matin-là, les corps de Rona Amir Mohammad, 48 ans, et de Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, et Geeti, 13 ans, ont été trouvés dans une voiture engloutie au fond de l'écluse de Kingston Mills.

Rona était la première femme de Mohammad, alors que les trois autres étaient trois des sept enfants que Mohammad a eus avec Tooba. Le drame s'est produit lorsque la famille de 10 personnes revenait d'un voyage à Niagara Falls à bord de deux véhicules. C'est l'une de ces voitures, une Nissan Sentra, qui s'est transformée en tombeau pour les quatre malheureuses.

Terrible accident, sans doute dû à la témérité de leur aînée (Zainab), ont fait valoir les parents. Mais trois semaines après la tragédie, le couple et son fils Ahmed ont été arrêtés et accusés de meurtres. La thèse du «crime d'honneur» a été évoquée par une parente qui réside outre-mer.

Accident funeste, comme le soutiennent les accusés, ou meurtres commis au nom d'un archaïque code d'honneur? C'est ce qu'on devrait apprendre au cours de ce procès.

Pendant les 8 à 10 semaines que doit durer l'exercice, la Couronne compte faire défiler 57 témoins, parmi lesquels on trouve des policiers, des civils et des experts. Plus de 20 témoins sont de Montréal.