Amanda Rodrigues n'était pas la meilleure femme. Ni Arturo Gatti, le meilleur mari. Cela étant dit, ne «généralisez» pas la relation du couple à partir de «quelques éléments ponctuels».

Caroline Touzin LA PRESSE

De plus, le clan Gatti, qui a dépeint la jeune veuve comme une femme sans scrupules attirée par l'argent, n'a pas les «mains blanches».

Ce sont les avertissements qu'a lancés l'avocat de la jeune veuve, Me Pierre-Hugues Fortin, mercredi, au moment des plaidoiries au procès civil concernant l'héritage du boxeur mort à 37 ans, en juillet 2009.

Ida et Fabrizio Gatti (mère et frère du boxeur) ainsi qu'Erika Rivera (mère de Sofia, premier enfant du boxeur) demandent que le testament qu'Arturo Gatti a signé trois semaines avant sa mort soit annulé et remplacé par le précédent fait deux ans plus tôt, au New Jersey.

Dans le plus récent testament, Arturo Gatti a déshérité sa mère, son frère, sa fille Sofia et son fils Arturo Junior, né de son union avec Mme Rodrigues, pour faire de cette dernière sa seule héritière.

Le couple Gatti-Rodrigues avait «peut-être» une relation tumultueuse, selon l'avocat de la veuve. Toutefois, «est-ce que le comportement de l'épouse a été hautement répréhensible? Je vous soumets que non», a-t-il enchaîné.

Si le couple a connu des difficultés, il a également vécu des moments de bonheur. «Aucun témoin n'avait une vue d'ensemble de ce que leur relation était», a insisté Me Fortin.

Plus tôt au procès, des amis intimes du boxeur ont dépeint sa jeune femme comme une personne colérique, manipulatrice et impitoyable avec les proches de son mari.

«Arturo Gatti avait ses problèmes personnels. Des problèmes inconnus pour certains, ignorés par d'autres», a poursuivi l'avocat de Mme Rodrigues. Or, LA personne qui l'a aidé à soigner sa dépendance à la cocaïne et aux médicaments, c'est sa femme, Mme Rodrigues, a insisté l'avocat.

Le couple se disputait en raison du problème de consommation d'Arturo, et non pas pour des raisons financières comme le prétend le clan Gatti, a expliqué Me Fortin.

De toute façon, Arturo Gatti n'était pas un être isolé et vulnérable. C'était un double champion du monde qui avait beaucoup d'amis et «toutes ses facultés», a renchéri l'avocat de la jeune veuve.

Au cours de sa plaidoirie, l'avocat de Mme Rodrigues a mis en doute l'intégrité d'Erika Rivera, de Fabrizio Gatti et d'Ida Gatti. «Peut-être n'ont-ils pas les mains aussi blanches qu'ils le prétendent», a-t-il indiqué.

L'avocat faisait ainsi référence à une affirmation lancée par l'avocat du clan Gatti, Me Carmine Mercadante, lundi, lors de sa plaidoirie. «Quand on se présente devant le tribunal, il faut arriver avec les mains blanches», a dit Me Mercadante, qui n'a pas été tendre ce jour-là envers la veuve.

Le témoignage d'Erika Rivera était «rempli de menteries», selon Me Fortin. Quant au frère et à la mère du défunt, ils disent vouloir le bien d'Arturo Junior, or, ils ont refusé que l'enfant reçoive la même pension alimentaire (4600$ par mois) que Sofia, a insisté l'avocat de la veuve.

La mère du boxeur a d'ailleurs suivi «aveuglément» son fils Fabrizio dans les démarches judiciaires, l'air vraisemblablement de ne rien y comprendre, selon Me Fortin. Et ce même Fabrizio a manqué de transparence à la cour, a martelé l'avocat.

Le Code civil du Québec énumère différents motifs pour lesquels une personne pourrait être déclarée indigne de succéder. C'est le cas d'une personne qui «a exercé des sévices sur le défunt ou a eu autrement envers lui un comportement hautement répréhensible». Le clan Gatti reproche cette mauvaise conduite à Mme Rodrigues.

La veuve n'a pu pousser le boxeur à modifier son testament puisqu'elle ignorait qu'il en avait déjà fait un. De plus, c'est le notaire lui-même qu'il leur a suggéré d'en faire un, et non pas Mme Rodrigues, toujours selon l'avocat de la veuve.

Les plaidoiries se poursuivent aujourd'hui devant la juge Claudine Roy, au palais de justice de Montréal.