Julien Labrie, le jeune homme qui a égorgé un sans-abri avant de lui couper l'oreille, a été condamné mardi à une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 10 ans, au palais de justice de Montréal.  

Vincent Larouche LA PRESSE

La juge France Charbonneau a aussi recommandé qu'il reçoive les «soins psychiatriques appropriés à son état» de santé mentale.

L'état mental de l'accusé a été au coeur du procès. Son avocate, Me Annie Émond, a admis d'entrée de jeu que son client avait «causé la mort» du sans-abri Éric Tremblay, 43 ans.

Mais le jury n'a pas cru à sa défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Il l'a déclaré coupable de meurtre non prémédité le mois dernier.

En vacances dans la métropole avec sa famille, le jeune homme originaire de Sept-Îles a refusé d'accompagner ses parents au cinéma le soir du 26 juin 2009.

Souffrant d'hallucinations après avoir consommé beaucoup de drogue la nuit précédente, selon sa version des faits, il s'est plutôt rendu au square Viger, où il a poignardé à mort le sans-abri endormi sur un banc.

Labrie a raconté aux policiers que, désespéré par son manque de succès auprès des filles et convaincu qu'elles préfèrent les mauvais garçons (thugs), il avait tué une personne au hasard pour réussir à les séduire.

«Le crime est horrifiant. On ne peut expliquer ce qui s'est passé, lorsque quelqu'un dort et que sa tête est presque coupée. C'était une cause difficile pour toutes les parties», a indiqué Me Thierry Nadon, procureur de la Couronne.