L'entrepreneur en construction Tony Accurso a été arrêté, lundi soir, pour conduite en état d'ébriété près de sa résidence à Deux-Montagnes, en banlieue de Montréal, a révélé mardi L'Écho de Saint-EustacheLa Presse a pu faire confirmer l'information par deux sources indépendantes.

André Noël et Francis Vailles LA PRESSE

Le permis de conduire de l'homme d'affaires, mêlé à plusieurs controverses, a été suspendu pour une période de trois mois. M. Accurso, 60 ans, devra comparaître à la cour municipale de Deux-Montagnes pour répondre à des accusations de conduite avec facultés affaiblies. La date de comparution n'a pas encore été fixée.

Ce n'est pas la première fois que l'entrepreneur, un des ténors de l'industrie de la construction, est arrêté pour des violations graves du Code de la sécurité routière. L'année dernière, il a été condamné pour délit de fuite à Laval, selon le dossier de la cour municipale.

Christopher Harding, porte-parole de la police régionale de Deux-Montagnes, a refusé de divulguer le nom de l'homme d'une soixantaine d'années arrêté par des patrouilleurs, lundi soir. Une source confidentielle a toutefois confirmé qu'il s'agissait bien de M. Accurso.

Par ailleurs, une recherche sur le site internet de la Société de l'assurance automobile du Québec révèle que le permis de conduire de M. Accurso «n'est actuellement pas valide». Or, il l'était encore il y a peu de temps.

«Des citoyens ont composé le 911 lundi soir et indiqué qu'un conducteur conduisait de façon irrégulière dans les rues de Deux-Montagnes, a dit M. Harding. L'information a été transmise à des patrouilleurs, qui ont arrêté un homme d'une soixantaine d'années, vers 19h20.

«Ils ont constaté des signes d'ébriété et l'ont amené au poste de police. Deux échantillons de son haleine ont été pris. Le conducteur a échoué les deux fois. Son taux d'alcool dépassait la limite permise. Il a été libéré sous promesse de comparaître dans les mois qui suivent.

«Son véhicule a été saisi et remorqué à la fourrière municipale. Son permis de conduire a aussi été saisi, et restera suspendu pendant 90 jours, tel que le prévoit la loi. L'arrestation s'est déroulée sans incident.»

L'Écho de Saint-Eustache a photographié sa voiture, une Lexus noire, dans la fourrière. M. Accurso a été arrêté près de sa résidence. Nous avons tenté de le joindre par l'entremise de sa relationniste et de deux de ses avocats, mais sans succès.

Délit de fuite à Laval

À l'été 2010, à Laval, l'homme d'affaires s'est reconnu coupable de délit de fuite après un accident de voiture. Il a perdu 9 des 15 points d'inaptitude à son dossier de conduite.

L'événement est survenu à Laval le 25 septembre 2008, selon les documents de la cour municipale. L'accident a eu lieu vers 20h20 sur le boulevard Le Corbusier, en face du bar Tops, dont il était propriétaire à l'époque.

Les policiers Mylène Soucy et Nicolas Normandin avaient noté qu'à la suite d'«un accident, le conducteur quitte les lieux et se fait remplacer par une autre personne. Il ne s'est pas assuré que tout le monde est OK et n'a laissé ni son nom ni adresse et a pris la fuite», est-il écrit dans les documents de cour.

Les policiers avaient remis trois constats d'infraction, mais Tony Accurso a été condamné pour un seul, celui d'avoir quitté les lieux «sans donner aux policiers ses nom, adresse, permis, assurance, immatriculation».

Le constat n'indique pas pourquoi Antonio Accurso a fui si rapidement les lieux de l'accident. Deux témoins l'avaient vu déguerpir, selon le dossier de cour. En plus des points d'inaptitude, Antonio Accurso a écopé d'une amende et de frais totalisant 329$.

Régie du bâtiment

Les tuiles s'abattent sur l'homme d'affaires. Vendredi dernier, la Régie du bâtiment a soutenu que M. Accurso avait fait de fausses déclarations concernant le bilan des accidents de travail dans son entreprise, Constructions Louisbourg ltée. Le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

La Régie menace de suspendre les licences de ses entreprises, Constructions Louisbourg et Simard-Beaudry, qui se sont aussi reconnues coupables de fraude fiscale et de nombreuses infractions à la Loi sur la santé et la sécurité du travail.