Alors que Dany Villanueva fait toujours face à l'expulsion du Canada en raison de ses antécédents criminels, son avocat a tenté de démontrer, lundi, que la police a violé ses droits et ceux de ses amis en les arrêtant sans motif valable après un vol qualifié au centre-ville de Montréal.

Vincent Larouche LA PRESSE

Villanueva, dont le frère cadet a été tué dans une opération policière en 2008, a amorcé lundi son procès dans cette nouvelle cause aux côtés de ses amis Bayron Alexis Clavasquin, Peterson François, Russsell Similome et Jose Miguel Aguilar Medrano.

Dès l'ouverture des audiences, les avocats de la défense ont tenté de faire exclure la preuve amassée contre leurs clients.

Les cinq hommes ont été arrêtés après 2h le 18 juin 2008, lorsqu'ils circulaient dans un véhicule au centre-ville de Montréal. Un piéton avait appelé le 911 pour dire que des assaillants étaient sortis d'un véhicule et l'avaient suivi sur le boulevard Saint-Laurent. La victime se serait fait menacer d'une arme à feu avant de recevoir un coup au visage et de se faire voler un gros médaillon qu'il portait au cou.

Tout ce que les policiers savaient sur les individus, c'était qu'il y avait trois Noirs et un Blanc, habillés en «style yo», ce que les policiers ont interprété comme une référence à des casquettes et des vêtements amples.

Deux patrouilleurs, Roch Lamarche et Éric Tremblay, ont alors aperçu à l'angle Saint-Denis et Sainte-Catherine un véhicule dans lequel se trouvaient des Noirs et des Blancs, dont certains portaient des casquettes. À ce moment, ils n'ont pas plus d'information sur les individus recherchés, mais ils ont des soupçons. Ils interceptent donc la voiture, font sortir les occupants, les menottent et les fouillent. Dans le véhicule, ils trouvent une imitation d'arme à feu et un médaillon.

L'avocat de Villanueva, Me Günar Dubé, a plaidé que les droits des jeunes hommes ont été violés lorsqu'ils ont été interceptés par la police. Selon lui, la preuve découverte dans leur véhicule ne devrait pas être admise en cour. La police ne peut pas intercepter et fouiller des gens simplement en raison de la couleur de leur peau et parce qu'ils portent la casquette, a-t-il expliqué.

«Au moment de l'interception, on n'a même pas de soupçon raisonnable pour procéder à la détention aux fins d'enquête», a-t-il fait valoir.

«Le médaillon a été trouvé après avoir violé les droits constitutionnels des individus», a-t-il ajouté, précisant que «l'État doit se dissocier de telles pratiques».

La Couronne, qui estime que la preuve contre les accusés a été obtenue dans les règles de l'art, fera valoir ses arguments aujourd'hui.

Une précédente condamnation pour vol qualifié avait valu à Dany Villanueva une mesure d'expulsion vers son Honduras natal, ordre qu'il conteste actuellement. Un verdict de culpabilité dans cette nouvelle cause ne ferait rien pour améliorer son dossier d'immigration.