Les débordements à la sortie des bars ont souvent fait les manchettes au cours des derniers mois. Craignant lui-même la suspension de son permis d'alcool en raison d'une série d'incidents violents, le populaire DJ MC Mario croit que le moment est venu pour une rencontre au sommet entre tenanciers, policiers et élus afin d'échanger sur la gestion des fins de soirées bien arrosées dans la métropole.

Vincent Larouche LA PRESSE

« À 3 h du matin, quand tout le monde sort, ça ressemble à l'équivalent d'un Centre Bell qui se vide... après une grosse partie en séries contre Boston », reconnaît Mario Tremblay, alias DJ MC Mario.

Figure incontournable de la vie nocturne montréalaise avec ses trois millions d'albums vendus, le copropriétaire du Club 1234, rue de la Montagne, se serait passé de la publicité négative des derniers mois.

Le 14 septembre, La Presse a révélé que son bar avait été convoqué devant la Régie des alcools à la demande de la police. De 2005 à 2010, les policiers y ont dénombré plus de 40 incidents violents : portiers frappés à coups de couteau, clients battus par des portiers, bagarres à coups de verre, de bouteille et de chaise, coups de feu, présence de membres de gangs de rue.

Lorsque les audiences ont commencé devant la Régie cette semaine, d'autres médias se sont emparés de l'histoire.

MC Mario ne croit toutefois pas que son établissement pose un problème particulier.

« Presque tout le monde s'est déjà fait suspendre son permis. Mais souvent, c'est déguisé en rénovations. Nous, c'est tellement médiatisé qu'on aurait du mal à passer ça pour des rénovations », explique-t-il en entrevue à La Presse.

Il souligne que d'autres reportages ont montré que les débordements à la sortie des bars ne sont pas l'affaire d'un seul tenancier. En septembre, une vidéo diffusée sur YouTube et reprise par plusieurs médias montrait une disgracieuse séance de brasse-camarade entre policiers et jeunes. Quelques jours plus tard, un reportage de La Presse a évoqué la tâche difficile des deux groupes d'intervention du Service de police de la Ville de Montréal qui sont dépêchés sur le boulevard Saint-Laurent les jeudi, vendredi et samedi soir pour gérer le flot des fêtards éméchés.

MC Mario affirme que plusieurs des incidents retenus contre son bar se sont produits dans la rue.

« Jamais je ne pourrais prétendre faire le shérif de la rue de la Montagne, même avec mon entreprise de sécurité », dit-il.

Travailler en équipe

Le vétéran des boîtes de nuit croit que le contexte actuel est propice à une remise en question. Toutes les parties concernées devraient se réunir pour discuter de la situation, suggère-t-il.

« La question devrait être étudiée avec les policiers, la Ville et les représentants des bars, en équipe, pour arriver à des solutions », dit-il.

Il dit ne pas avoir de solution toute prête, mais est prêt à partager son expérience. « Je connais des endroits en Europe qui ferment tardivement. Ils arrêtent par exemple de vendre de l'alcool à 3 h, mais les gens peuvent rester jusqu'à 6 h le matin. Ici, on peut le faire parfois quand la police est plus tolérante, comme au jour de l'An. Et on a moins de problèmes ces fois-là », dit-il.

D'ici là, il espère que la Régie sera clémente à son endroit. La décision n'est pas pour demain. Plusieurs jours seront nécessaires pour débattre devant le tribunal de l'interminable liste d'incidents qui lui sont reprochés.