Richard Forest, un col bleu de la Ville de Montréal, a été déclaré coupable, récemment, d'avoir conduit un véhicule de travail en ayant plus que la limite permise d'alcool dans le sang.

Mis à jour le 9 déc. 2013
Christiane Desjardins LA PRESSE

L'incident est survenu le 17 février 2007, vers 18h, alors que M. Forest était en fonction. Deux ans plus tard, soit le 23 février 2009, M. Forest a été de nouveau intercepté dans le cadre de son travail, pour conduite avec facultés affaiblies. Le procès de l'homme de 55 ans dans ce dossier se mettra en branle en octobre 2014, soit cinq ans et demi après les faits reprochés.

En ce qui concerne l'incident de 2007, il s'était produit avenue des Érables, au nord de la rue Sherbrooke. Des policiers s'étaient rendus à cet endroit pour une fuite de gaz. En arrivant sur place, ils ont vu un camion de la Ville de Montréal qui obstruait le passage, pendant que l'employé, M. Forest, installait des affiches d'interdiction de stationnement en prévision du déneigement. En parlant avec M. Forest, les policiers s'étaient rendu compte qu'il sentait l'alcool. Ils lui ont fait passer un test d'alcoolémie, qu'il n'a pas réussi. Une fois au poste, son taux d'alcoolémie était de 117 mg à 19h25 et de 97 mg à 19h47. Une bière non décapsulée avait été trouvée dans sa poche de manteau. M. Forest avait raconté qu'il avait acheté la bière pour son beau-frère.

Ce fameux jour, M. Forest avait commencé son quart de travail à 7h le matin, et devait le terminer à 19h. Pour expliquer son taux d'alcoolémie, il avait raconté qu'il était allé manger au restaurant avec sa femme, sur l'heure du midi, et qu'ils avaient commandé une bouteille de vin. Un expert a toutefois témoigné en indiquant que si tel était le cas, le taux d'alcoolémie de M. Forest aurait dû osciller entre 13 mg et 38 mg d'alcool par 100 ml de sang, quatre heures plus tard. M. Forest a avancé différentes explications qui n'ont pas été retenues par le juge Denis Lavergne.

Le magistrat a acquitté M. Forest de l'accusation de conduite avec facultés affaiblies, mais l'a condamné pour conduite avec plus de 80 mg d'alcool dans le sang. Il a écopé une amende de 600$ et une interdiction de conduire pendant un an.

Marijuana

Lors de cet incident, les policiers avaient aussi découvert une vingtaine de grammes de marijuana, répartis en sachets, dans un sac de sport, à l'intérieur de l'habitacle du véhicule municipal. Cela a valu à M. Forest un autre procès devant un autre juge. Le col bleu a soutenu qu'il avait ramassé le sac dans la rue. Son explication a soulevé un doute dans l'esprit du juge, et M. Forest a été acquitté, en mars dernier.

M. Forest est toujours employé à la Ville de Montréal, selon Michel Parent, président du syndicat des cols bleus regroupés de Montréal. «Il avait été congédié en 2009 [après l'incident d'alcool au volant du 23 février 2009], mais en arbitrage, le congédiement a été changé en suspension de trois mois», a indiqué le président. «Avant ça, il avait un dossier vierge», a relevé M. Parent.

Après des vérifications, M. Parent a toutefois indiqué que M. Forest avait été suspendu pendant un mois à partir du 23 février 2007, parce qu'il avait travaillé avec un «permis révoqué». M. Parent ne semblait pas au courant de l'incident de 2007 ni de la récente condamnation.