Les deux préposées du Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) Saint-Lambert-sur-le-Golf, accusées mardi d'avoir maltraité et intoxiqué une patiente de 87 ans, auraient fait au moins une autre victime, selon des sources de La Presse. Des accusations pourraient d'ailleurs être portées à ce sujet aujourd'hui contre ces employées du premier CHSLD construit en partenariat public-privé au Québec, affilié au Groupe Savoie.

Mis à jour le 12 déc. 2013
ARIANE LACOURSIÈRE LA PRESSE

En entrevue à l'émission de Paul Arcand, hier matin, la présidente du conseil d'administration du CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf, Nathalie Savoie, avait pourtant déclaré qu'aucune autre victime n'avait été répertoriée dans son établissement. Le Groupe Savoie n'a pas donné suite aux autres demandes d'entrevues, hier, promettant de diffuser sous peu un «communiqué avec beaucoup de détails».

Une patiente facile

Marie-Margaret Pétimé et Immacula Eugène travaillaient au CHSLD de Saint-Lambert-sur-le-Golf depuis l'automne 2010. Les deux employées sont accusées de trafic de stupéfiants et d'avoir, au début de juillet dernier, comploté afin d'introduire dans le CHSLD une substance «délétère» et de l'avoir administrée à Denise Beaulieu, 87 ans. Mme Pétimé est également accusée de voies de fait armées sur Mme Beaulieu.

Ce sont des caméras de surveillance, installées par la famille, qui ont permis de piéger les accusées. Selon nos sources, les faits se seraient déroulés sur quelques jours, tout au plus deux semaines.

Les circonstances ayant mené aux sévices restent tout de même floues. Mme Beaulieu n'était pas une patiente difficile, selon nos sources. Le vol fait partie des mobiles envisagés.

Mme Beaulieu est morte dans les semaines qui ont suivi ces événements. Une enquête est ouverte pour savoir si les employées ont contribué au décès de la dame.

La directrice des communications de l'Agence de la santé de la Montérégie, Christine Danielle, affirme que le Groupe Savoie a dévoilé «quelques extraits vidéo à un directeur de l'Agence en septembre». La totalité des actes reprochés aux accusées n'a toutefois pas été présentée. «Il n'y avait pas de voies de fait ou de gestes d'agressivité sur les vidéos», explique Mme Danielle, qui mentionne que l'Agence s'est assurée à ce moment que les deux employées étaient congédiées.

Ce n'est qu'en novembre que la famille de la défunte a rencontré l'Agence et a présenté les vidéos en entier, qui font plus de deux heures. Un enquêteur a alors été nommé pour faire la lumière sur «les pratiques de gestion clinique liées à la qualité et à la sécurité des soins» au CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf. Son rapport est attendu d'ici la fin janvier.

Employées ailleurs

En plus d'être employées du CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf, Mme Pétimé et Mme Eugène travaillaient dans d'autres établissements de santé de la Montérégie, selon nos sources. L'Agence de la santé de la Montérégie n'était pas au courant de cette situation et ne sait pas si Mmes Pétimé et Eugène ont pu faire d'autres victimes, tant au CHSLD Saint-Lambert-sur-le-Golf que dans les autres établissements où ont travaillé les accusées. «La police pourra répondre à cette question», dit Mme Danielle.

Pour la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), ces événements demandent une intervention urgente du gouvernement. «La preuve est faite que ce CHSLD en PPP doit être réintégré dans le secteur public. Le gouvernement doit maintenant prendre ses responsabilités», estime le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley.