Surfant sur un trait d'humour repris en masse par les internautes américains, Brady Olson alias Deez Nuts a prouvé qu'il était possible de briguer la Maison-Blanche sous un pseudonyme improbable et se plaît à amuser un électorat lassé du bipartisme.

Publié le 21 août 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le pseudonyme Deez Nuts, inspiré d'un «mème» internet, fait mouche dans les tableaux de sondages, réjouissant le jeune garçon pourtant loin d'être en âge de devenir président, fixé à 35 ans aux États-Unis.

Dans les États de Caroline du Nord et du Minnesota, l'adolescent de 15 ans obtient les faveurs de 9 % et 8 % des sondés par le très sérieux institut Public Policy Polling (PPP).

Et dans l'Iowa, où il habite un village d'une centaine d'habitants et s'apprête à entrer en seconde, le candidat enregistré comme indépendant convainc 7 % des électeurs.

«Le fait que j'ai pu remplir un formulaire [de candidature] aussi vague, qui ne réclame même pas de renseigner votre âge [...] montre que n'importe qui peut se présenter», a-t-il déclaré au magazine Rolling Stone. L'adolescent a soumis sa candidature à la Commission fédérale électorale (FEC) le 26 juillet.

L'ascension du candidat a de quoi faire pâlir d'envie certains politiciens aguerris, mais relégués en bas des sondages dans une course à la présidentielle de 2016 où il y a pléthore d'aspirants.

Le candidature de Deez Nuts «reflète simplement à quel point les électeurs sont dégoûtés avec le système actuel des deux partis» démocrate et républicain, explique à l'AFP le directeur du PPP, Tom Jensen.

Le nom «Deez Nuts» n'a pas été inclus dans la liste classique des candidats, précise ce dernier, mais dans la question suivante: «Si les candidats à l'élection étaient Hillary Clinton pour les démocrates, Donald Trump pour les républicains et Deez Nuts comme indépendant, pour qui voteriez-vous?».

En Caroline du Nord, 40 % ont choisi Donald Trump, 38 % Hillary Clinton, 9 % Deez Nuts et 12 % restent indécis.

«Je n'ai vraiment pas envie de voir Clinton, Bush ou Trump à la Maison-Blanche, alors j'essaye juste de me défendre», s'est justifié auprès de Rolling Stone le jeune Deez Nuts, qui entend poursuivre sa campagne «aussi loin que l'Amérique voudra la voir aller».