Le procès d'un jeune homme suspecté d'avoir volé un oeuf en chocolat, considéré comme une «dépense d'argent et d'énergie» inutile, a relancé vendredi dans les médias les débats sur l'absurdité de certains procès.

AGENCE FRANCE-PRESSE



Alors que le montant du «butin», ne s'élève qu'à un euro et 4 centimes, le procès, lui, pourrait durer des années et coûter «des milliers d'euros», déplore le quotidien Il Corriere della Sera qui a raconté l'affaire.

En Italie, la justice est connue pour sa lenteur, les procès même pour des délits mineurs allant souvent de la première instance jusqu'en Cour de cassation en passant par l'appel et durant en moyenne 8 ans.

Le premier acte date du 4 août 2009, à Tarente, dans le sud de l'Italie. Donato, un étudiant alors âgé de 18 ans, discutait avec un ami devant l'étalage d'un vendeur ambulant de fruits et confiseries. Il se serait alors approché pour prendre un oeuf en chocolat.

L'étudiant dit avoir pris l'oeuf «Kinder» pour le montrer au commerçant et le payer. Mais le commerçant soutient que Donato l'avait mis dans sa poche et que lorsqu'il lui a dit «je t'ai vu, tu voulais le voler», le jeune homme l'aurait couvert d'insultes.

D'où le procès pour «vol» et «injures», et ce malgré les excuses répétées de l'étudiant. Même les tentatives de négociation à l'amiable, avec une offre d'indemnisation de Donato s'élevant à 1600 euros, sont restées vaines.

L'avocat de la défense entend démonter l'accusation grâce au procès-verbal des carabiniers, qui ont jugé la version du commerçant «assez improbable», car Donato «portait un jeans taille basse et moulant qui ne permet pas d'introduire dans la poche un oeuf en chocolat».

En cas de condamnation, Donato pourrait bien devenir un «repris de justice», pour un simple vol d'oeuf en chocolat, qui serait inscrit dans son casier judiciaire.