Montréal devrait-elle soumettre sa candidature pour accueillir le nouveau siège social de l’Agence canadienne de l’eau, qui doit voir le jour d’ici la fin de l’année ? L’opposition officielle croit que oui, et compte déposer une motion au prochain conseil municipal pour forcer les élus à se prononcer.

Publié le 10 mai
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« L’eau fait partie de notre identité à Montréal, c’est dans notre ADN. Accueillir l’Agence canadienne de l’eau serait complémentaire à ce que nous faisons déjà et réaffirmerait l’important rôle que nous devons jouer comme métropole à ce niveau », affirme le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

Il y a trois ans, en 2019, le gouvernement Trudeau s’était engagé à créer une Agence canadienne de l’eau (ACE), qui travaillerait avec les provinces et territoires pour « trouver les meilleures façons d’assurer la salubrité, la propreté et la bonne gestion de notre eau ».

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Alan DeSousa

Dans un document de travail, les autorités fédérales indiquent que le Canada « dispose d’une réserve d’eau douce abondante », mais que « les changements locaux de la température et des précipitations peuvent avoir des répercussions sur les niveaux des eaux de surface et souterraines tout au long de l’année, et parfois donner lieu à des inondations ou à des sécheresses ».

Ottawa précise aussi que l’alimentation en eau dans les réserves « demeure une source de difficulté » pour plusieurs Premières Nations à travers le pays. Des dizaines de communautés à travers le Canada n’ont toujours pas accès à une source d’eau potable.

Montréal demeure prudente

Ensemble Montréal appelle donc l’administration Plante à « faire les représentations nécessaires » auprès d’Ottawa pour obtenir le siège social de la future ACE. Le parti déposera une motion pour débattre du dossier au prochain conseil municipal, prévu le 16 mai.

« Dans un contexte de changements climatiques, la gestion et l’amélioration de la qualité de l’eau deviendront des enjeux de plus en plus fondamentaux. […] L’implantation d’une telle agence aurait ainsi l’avantage de soutenir la métropole dans les enjeux qu’elle doit affronter, notamment en matière de gestion des crues printanières », insiste le parti.

Selon les élus de l’opposition, le laboratoire CREDEAU de Polytechnique Montréal et le CentrEAU, déjà rattaché au Cégep de Saint-Laurent, pourraient tous deux profiter de l’arrivée de l’ACE, en développant d’éventuels partenariats et en créant des emplois.

Joint par La Presse mardi, le cabinet de la mairesse Valérie Plante est demeuré prudent, refusant pour l’instant de se prononcer. « Nous débattrons de cette motion au prochain conseil municipal, la semaine prochaine », a simplement indiqué l’attachée de presse Alicia Dufour. « Les actions pour contrer les changements climatiques sont au cœur de nos décisions. Nous continuerons de travailler pour trouver des solutions et protéger notre eau, ressource d’une valeur inestimable », a-t-elle néanmoins ajouté.