Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) installera neuf nouvelles caméras de sécurité urbaine sur le territoire montréalais à compter de cette semaine afin de lutter contre la hausse des fusillades et des évènements de violence armée.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Les caméras de sécurité urbaine, c’est un outil supplémentaire pour prévenir les crimes violents, pour rassurer les citoyens et pour faire avancer les enquêtes », a affirmé à La Presse l’inspecteur David Shane, porte-parole du SPVM.

Les neuf prochaines caméras seront déployées dans Lachine, le Sud-Ouest, Saint-Michel, Montréal-Nord, Saint-Léonard et Rivière-des-Prairies. Les secteurs aux prises avec une hausse d’évènements violents ont été sélectionnés en priorité.

Les images de ces caméras pourront être visionnées en temps réel. Les 9 nouvelles caméras s’ajouteront aux 24 caméras existantes, principalement situées dans les arrondissements centraux de Ville-Marie et du Plateau-Mont-Royal.

Depuis leur installation, plus d’une centaine de demandes d’accès à des extraits vidéo ont été faites pour résoudre diverses enquêtes, a indiqué M. Shane. « On a souvent des crimes violents où les individus impliqués parlent très peu aux policiers. Si on a une caméra, ça nous aide à reconstituer l’évènement, à obtenir une description des gens ou une plaque d’immatriculation sur un véhicule », a-t-il expliqué.

« Outil supplémentaire » à encadrer

La mesure annoncée par le SPVM n’a pas tardé à faire réagir les candidats à la mairie de Montréal, lundi. « C’est un outil supplémentaire parmi tant d’autres, et c’était demandé par le SPVM, car ça peut réellement l’aider dans ses enquêtes. Je salue ces ajouts, d’autant que c’est fait dans des lieux qui ont connu plusieurs évènements violents. Rien n’est laissé au hasard », affirme la responsable de la sécurité publique au comité exécutif de l’administration Plante, Caroline Bourgeois.

« Est-ce que ça va tout régler ? Non. Mais ça fait certainement partie des options. Je vois ça comme un outil en temps de crise », ajoute celle qui est aussi mairesse sortante de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, arrondissement particulièrement visé par la hausse des fusillades.

Il reste que des « balises très sérieuses » devront être établies, prévient l’élue, qui garantit que « très peu de personnes au SPVM auront accès aux images ». Les caméras ne viseront pas non plus des entrées privées ou une fenêtre, par exemple. « Le tout respecte le droit à la vie privée », assure Caroline Bourgeois.

Le chef du parti Mouvement Montréal, Balarama Holness, avoue avoir des inquiétudes. « Il ne faudrait pas qu’on abuse du pouvoir qu’on peut avoir avec ces technologies », laisse-t-il entendre, en appelant à offrir une « formation spécialisée » aux policiers qui travailleront avec ces nouvelles caméras.

« Ces investissements sont légitimes dans le contexte de la hausse de la violence, mais ils montrent aussi qu’on n’est jamais en mode prévention. On doit avoir un réflexe de prévention, d’investissements dans les loisirs, les sports, des espaces pour les jeunes. À long terme, c’est la clé », fait-il valoir.

Dans les rangs d’Ensemble Montréal, Denis Coderre salue de son côté l’initiative, en rappelant son intention de « lancer une discussion sur la présence de caméras de surveillance dans les endroits les plus chauds ». « C’est un pas dans la bonne direction, et nous souhaitons toutefois tenir une large consultation, comme il y a des questions éthiques fondamentales à considérer », soutient l’ex-maire de Montréal.

La liste complète des emplacements des caméras de sécurité figure sur le site internet du SPVM. Une foire aux questions s’y trouve également.

Consultez les emplacements exacts des caméras de sécurité