Une entente au sujet du bruit émanant du parc Jean-Drapeau, entérinée lundi soir par les élus de la Ville de Saint-Lambert, vient mettre fin aux procédures judiciaires entreprises par la municipalité de la Rive-Sud contre la Ville de Montréal, mais ne satisfait pas les citoyens qui recherchent une plus grande quiétude.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Un procès dans cette affaire devait débuter le 2 décembre prochain, à la suite d’une poursuite déposée par Saint-Lambert en 2015.

Mais avant de se retrouver au tribunal, la Société du parc Jean-Drapeau et le promoteur L’Aréna des Canadiens (evenko) ont accepté une entente d’une durée de cinq ans qui limite le bruit ainsi que le nombre d’évènements présentés, en plus d’imposer un couvre-feu, comme l’avait annoncé La Presse en exclusivité dimanche.

Selon le maire de Saint-Lambert, Pierre Brodeur, le nouvel Amphithéâtre du Parc, qui a accueilli ses premiers évènements en 2019, a permis de réduire le bruit se propageant de l’autre côté du fleuve. Dans un communiqué, il s’est aussi déclaré satisfait d’éviter une confrontation judiciaire.

« Plaisanterie »

Mais l’association de citoyens Silence Saint-Lambert n’est pas de cet avis. Son président Christophe Malaterre qualifie la nouvelle entente de « plaisanterie » et estime qu’il s’agit d’un recul pour la quiétude des résidants.

L’accord prévoit une limite de 19 journées d’évènements majeurs (plus de 20 000 spectateurs par jour) entre le 1er mai et le premier lundi de septembre, dont un maximum de 15 après le 1er juillet, ainsi que la fin des évènements musicaux à 23 h.

Il fixe aussi la limite de bruit qui peut être émise par les concerts à 65 dBA (décibels tels que perçus par l’oreille humaine) moyens sur 15 minutes, avec 20 dBA supplémentaires pour les basses fréquences.

Au cours de l’été 2019, lors de l’évènement le plus bruyant ayant eu lieu au Parc Jean-Drapeau (Osheaga), le bruit n’a jamais dépassé 65 dBA en moyenne sur 15 minutes, et 15 dBA pour les basses fréquences. Or, Silence Saint-Lambert a reçu plus de 1000 plaintes au cours de cette saison-là.

« Quand on parle d’une moyenne sur 15 minutes, ça signifie que les percussions et les paroles ne sont pas prises en considération », déplore Christophe Malaterre. « On dénonce depuis longtemps cette façon de calculer, mais le maire Brodeur ne semble pas avoir compris. »

M. Malaterre souligne aussi qu’en 2019, huit journées d’évènements majeurs ont eu lieu au Parc Jean-Drapeau. Il est donc stupéfait que la limite maximale permise ait été fixée à 19. « Ça signifie qu’evenko pourra plus que doubler le nombre de journées d’événements majeurs ! Ils ont certainement dû ouvrir le champagne hier soir », dit-il.

À noter de que le Grand prix de Formule Un est exclu de cet accord.

Le responsable de l’environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, ne pouvait préciser le nombre de journées d’événements majeurs en 2019. Mais selon lui, si les plaintes ont été nombreuses au cours de cet été-là, c’est en raison d’une campagne de mobilisation de Silence Saint-Lambert.

« En 2019, avec le nouvel amphithéâtre, il était possible de faire des ajustements pour mieux confiner le son, dit M. Parenteau. On a parlé avec les promoteurs, les technologies ont changé, on n’est plus dans le bruit excessif. »

« Les membres du groupe Silence Saint-Lambert voudraient simplement qu’il n’y ait plus aucun événement au Parc Jean-Drapeau », déplore-t-il.