Pour lutter contre « le racisme et la discrimination systémique », la Ville de Montréal dévoilait mercredi son plan de réconciliation avec les peuples autochtones, qui cherche à mettre en valeur dans l’espace public la présence des Premières Nations, a expliqué la mairesse Valérie Plante, en conférence de presse.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Ce plan devrait aussi permettre aux personnes issues des communautés autochtones de recevoir des services adaptés à leurs besoins, et d’être mieux représentées au sein de l’administration municipale, a assuré Mme Plante, en évoquant le nom de Joyce Echaquan, cette femme autochtone dont le décès, en septembre à l’hôpital de Joliette, a mis en lumière les problèmes de discrimination présents dans certaines institutions.

« Cette stratégie vise à renforcer durablement les relations avec les peuples autochtones, et s’inscrit aussi dans les luttes que nous devons mener contre le racisme et les discriminations systémiques, et face aux injustices que vivent les personnes racisées et les membres des PremiIres Nations et inuites », a souligné la mairesse.

Des gestes ont déjà été posés en ce sens, a rappelé Valérie Plante, en citant comme exemples la création d’un poste de commissaire à la lutte contre le racisme et la discrimination systémiques, en octobre, et le changement de nom de la rue Amherst pour Atateken, en 2019.

Le nouveau plan, qui compte 125 engagements, prévoit notamment la création de lieux de rassemblement culturellement adaptés aux besoins spécifiques des communautés autochtones, des formations pour les employés municipaux, du soutien à des projets de logements sociaux autochtones, un programme de recrutement pour les personnes autochtones au sein de la Ville de Montréal, un euutre pour favoriser l’entreprenariat autochtone à Montréal et des consultations des instances autochtones lors de projets touchant au fleuve Saint-Laurent.

Plus de 30 groupes et organisations autochtones ont participé aux consultations qui ont menées à cette stratégie.

« Montréal devient vraiment une métropole de la réconciliation », s’est réjouit Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui participait virtuellement à la conférence de presse.

Cependant, arriver à une réelle réconciliation ne sera « pas une tâche facile », a fait remarquer de directeur général de Montréal Autochtone, Philippe Meilleur, en raison des « injustices aberrantes » vécues par les autochtones. « La répression de nos droits et de nos cultures, ainsi que le non-respect de nos traités. Pour qu’il y ait réconciliation, il doit y avoir un dialogue honnête et parfois difficile », a-t-il souligné.