La Ville de Laval s’apprête à vendre au rabais le condo de Gilles Vaillancourt, obtenu comme compensation pour les gestes de corruption de l’ex-maire aux dépens des contribuables lavallois.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Situé dans une tour de l’île Paton, à Laval, le condo était évalué à 1 million lorsqu’il a été cédé à la Ville après la condamnation de Gilles Vaillancourt en 2016. Il devrait maintenant être vendu pour 748 500 $ si les élus adoptent la résolution qui sera présentée mardi soir lors de la séance du conseil municipal.

La Ville « n’a aucun intérêt à conserver cette unité de copropriété dans son patrimoine immobilier », rappelle-t-on dans les documents officiels. On explique également que le profit net pour la Ville s’établira à seulement 127 255 $ compte tenu de la valeur du condo inscrite au livre, soit 598 000 $, et de la déduction pour les frais de courtage (22 645 $).

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Gilles Vaillancourt en 2016.

Ce n’est qu’en février 2019 que la Ville a mis en vente une première fois le condo, et ce, après avoir procédé à un changement réglementaire permettant de faire appel à un courtier immobilier. Sans cela, Laval aurait dû lancer un appel d’offres public. Le prix de vente avait alors été établi à 875 000 $ puis réduit à 805 000 $ après quelques mois. Aucune offre d’achat n’a été déposée pendant les dix mois de mise en marché.

En février dernier, la Ville a mandaté la firme Valiquette, Martin, Montmarquet, Poissant & Associés (VMMP) pour estimer la valeur marchande du condo. Résultat : 748 000 $ ou 710 000 $ si la transaction devait se faire sans garantie légale. Un mandat a été octroyé à un nouveau courtier immobilier (REMAX) et trois offres d’achat ont été présentées, dont deux à 450 000 $. C’est la troisième offre qui a été acceptée après négociation le 10 juin dernier. La transaction doit se conclure au montant de 748 500 $.

Le condo de Gilles Vaillancourt fait partie de l’entente de remboursement de 8,6 millions intervenue au moment où l’ex-maire a reconnu sa culpabilité relativement à un système frauduleux d’octroi de contrats municipaux. M. Vaillancourt a écopé d’une peine de six ans de pénitencier ; il a obtenu une libération conditionnelle totale en décembre 2018.