La Ville de Montréal et son service de police cherchent une solution pour déplacer l’un des postes de quartier situé dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, parce que le nouveau propriétaire de l’immeuble a échoué à une enquête de sécurité, a appris La Presse. Il s’agirait du deuxième déménagement provoqué par l’enquête sur ce propriétaire.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Deux sources bien au fait du dossier ont confirmé à La Presse que des recherches étaient en cours pour trouver un nouveau local capable d’accueillir le poste de quartier 48, rue Sherbrooke Est, à l’angle du boulevard Langelier.

Le complexe, qui abrite actuellement le poste, a été acheté pour 10 millions de dollars en mai dernier par une société liée aux frères Michael et David Owen, importants promoteurs immobiliers.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) mène des enquêtes de sécurité sur tous les propriétaires d’immeubles auxquels il loue des locaux, afin de savoir à qui il a affaire. En avril, une enquête de ce genre avait été menée lorsque les deux frères Owen avaient acheté l’immeuble abritant le poste de quartier 33, à Parc-Extension. Les nouveaux propriétaires avaient été avisés qu’ils avaient échoué à l’enquête de sécurité, sans plus de détails. Des informations jugées préoccupantes avaient été découvertes, poussant le SPVM à annoncer la fermeture subite du poste et son déménagement éventuel.

Maintenant que les mêmes promoteurs ont acheté l’immeuble qui abrite le poste de quartier 48, le SPVM examine les options qui lui permettraient de quitter rapidement les lieux, selon nos sources.

Officiellement, la direction du corps policier a déclaré à La Presse que la décision n’avait pas encore été prise. La décision de renouveler ou non le bail viendra « au moment opportun », et s’il y avait un déménagement, les services aux citoyens ne seraient pas touchés, assure-t-on.

« Il s’agit dans le cas présent d’une question hypothétique, mais nous pouvons par contre d’ores et déjà rassurer les citoyens. Le SPVM s’est déjà trouvé dans des situations similaires dans le passé et, chaque fois, toutes les mesures nécessaires ont été mises en place afin d’offrir la même qualité de service à la population. Les patrouilles de quartier se sont toujours poursuivies sans interruption, et nos liens avec les partenaires locaux ont été maintenus », a déclaré la direction des communications du SPVM dans un courriel.

La direction refuse de discuter des raisons pour lesquelles les promoteurs immobiliers ont échoué à l’enquête de sécurité. David Owen a déjà été associé très brièvement avec Tony Magi, entrepreneur en construction proche de la mafia, au début des années 2000, mais n’a jamais été accusé de quoi que ce soit et s’est éloigné de cet ancien partenaire depuis longtemps. Il gère un très gros parc immobilier à Montréal.

« On n’est pas du mauvais monde, on a travaillé très fort », souligne son frère et partenaire, Michael Owen, en entrevue avec La Presse. Ce dernier trouve dommage de ne pas pouvoir discuter avec la police des résultats de leur enquête de sécurité et déplore que la situation fasse planer un nuage de suspicion sur son groupe alors qu’on ne leur reproche rien de concret.

Le promoteur dit ne pas avoir été mis au courant des intentions du SPVM pour le poste de quartier 48, mais ne s’inquiète pas de manquer de locataires. L’achat de cette propriété a été fait pour en développer le potentiel, souligne-t-il.

« Nos investissements sont faits en fonction du potentiel de développement. On n’achète pas juste pour renouveler [les mêmes baux] », dit l’homme d’affaires.