Des usagers du train de banlieue de Deux-Montagnes réclament une «rencontre d’urgence» avec la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, pour la convaincre d’implanter des mesures d’atténuation plus performantes avant que le service de train soit interrompu par la fermeture du tunnel mont Royal.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Le Comité des usagers du train de Deux-Montagnes, créé en février dernier pour réclamer des solutions efficaces pour remplacer le train de banlieue, estime que la construction d’un mur central visant à séparer le tunnel en deux couloirs distincts, «risque d’entraîner des délais nettement plus importants que ce que la Caisse de dépôt (et placement du Québec) laisse entendre».

«On aimerait ralentir l’empressement à tirer la plogue sur le train, et qu’on prenne le temps d’implanter des infrastructures nécessaires pour qu’on puisse aller travailler ou étudier dans un temps raisonnable après le 6 janvier prochain», explique la porte-parole du Comité, Karolyne Viau.

Ce matin-là, dans moins de deux mois, les 18 000 usagers habituels des trains de banlieue de Deux-Montagnes et de Mascouche devront descendre de leurs trains dans des gares du nord de Montréal, emprunter des autobus express jusqu’au métro, et rouler ensuite dans le réseau souterrain jusqu’au centre-ville.

Pour plusieurs milliers d’usagers du train de Deux-Montagnes, les mesures financées par le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour compenser la fermeture du tunnel du mont Royal, vont étirer leurs temps de déplacement de 60 à 90 minutes (aller-retour), chaque jour, jusqu’en 2022.

Une vie réglée par le train

Résidente de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Mme Viau prend le train tous les jours pour aller travailler au centre-ville de Montréal. Son lieu de résidence, elle l’a choisi à cause du train de banlieue. Sa vie familiale est réglée par les heures de départs et de retours d’un service de transport collectif qui lui permet de concilier adéquatement vie professionnelle en ville, et vie familiale en banlieue.

«Et soudainement ça ne tient plus, dit Mme Viau. C’est choquant qu’un projet puisse avoir des impacts aussi importants sur nos vies, financièrement, ou sur la vie de famille, et que ça ne compte pour rien. Si je dois passer trois heures et demie dans les transports par jour, je ne verrai à peu près plus mes enfants. À l’heure où je vais arriver à la maison, je réchauffe quelque chose pour manger, je leur donne un bain et je les couche.»

Sur la page Facebook du Mouvement/Rally Train Deux-Montagnes, depuis des mois, des usagers témoignent de l’anxiété montante à l’approche de la date fatidique qui mettra un terme aux services d’un train de banlieue créé il y a 101 ans.

Le 6 janvier 2020, le consortium NouvLR, responsable de la construction du Réseau express métropolitain (REM), fermera le tunnel sous le mont Royal afin de procéder à des grands travaux de modernisation et de le convertir aux besoins du futur réseau de métro léger de 6,3 milliards$ financé par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Hier, le Bureau de projet du REM a confirmé qu’un mur central devra être construit pour séparer le tunnel de 5 kilomètres de long en deux tubes distincts, pour des raisons de sécurité. Dans un document interne rendu public il y a deux semaines par La Presse, le constructeur NouvLR estimait que la construction de ce mur pourrait prolonger la fermeture du tunnel du mont Royal de 20 mois de plus que prévu, soit jusqu’en septembre 2023.