L’opposition à la Ville de Montréal veut imposer le port du casque pour les cyclistes mineurs.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

«Imaginez une classe d’école complète. C’est le nombre par année, en moyenne, d’enfants qui ont un traumatisme cérébral, et qui ne portaient pas de casque au moment de la collision. C’est 36 familles qui vont souffrir de l’anxiété et des blessures infligées à leurs enfants qui auraient pu être prévenues par le port du casque.»

Le docteur Hussein Wissanji, chirurgien pédiatrique au Centre universitaire de santé McGill, était à l’hôtel de ville aujourd’hui pour appuyer une motion que l’opposition présentera lors du prochain conseil municipal, le 16 septembre. En plus du port obligatoire, Ensemble Montréal demande la mise en place d’un programme de distribution de casques dans les quartiers défavorisés.

Le Dr Wissanji mène présentement une étude sur les traumatismes crâniens et le port du casque chez les mineurs. Selon les résultats préliminaires, pas moins de 450 enfants de moins de 18 ans consultent annuellement les hôpitaux pédiatriques montréalais pour des accidents de vélo.

Marie Bombo, une jeune montréalaise de 11 ans qui a subi un traumatisme crânien après s’être fait heurter par une voiture au mois de juillet dernier, accompagnait les élus afin de raconter son expérience. La jeune cycliste ne portait pas de casque le jour de l’accident, car elle venait de se faire coiffer. «Des histoires comme celles de Marie ne sont pas rares», a indiqué le docteur.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, dit vouloir s’inspirer de la ville de Sherbrooke qui a adopté en 2011 un règlement imposant le port du casque. Un programme d’acquisition et de distribution de ces équipements protecteurs avait été mis sur pied avec l’aide de partenaires financiers. M. Perez a avancé que le Service de police de la Ville de Montréal pourrait jouer un rôle dans cette mission.  

En 2016, Montréal a adopté Vision Zéro, un plan d’action ayant pour but la réduction des accidents de transport sur l’île. L’obligation du port de casque à vélo chez les mineurs pourrait réduire la gravité des accidents, selon M. Wissanji.

Cette nouvelle proposition d’Ensemble Montréal représente un changement pour le parti. En 2017, alors dirigé par Denis Coderre, le parti avait déposé un mémoire dans le cadre d’une consultation publique de la Société de l’assurance automobile du Québec. Dans le document, la non-obligation du port de casque par les cyclistes était préconisée.

Une porte-parole de Projet Montréal a indiqué que le parti est ouvert au débat sur la question, mais que pour l’instant, l’obligation du port du casque n’est pas dans les plans.  

L’Institut national de santé publique du Québec, qui avait été mandaté en 2014 pour étudier le port du casque, n’avait pas jugé bon imposer cet équipement protecteur. Son rapport jugeait préférable de «promouvoir le port du casque de vélo sur une base volontaire et d’intensifier les activités» de sensibilisation.