Le chef de l’opposition officielle à Longueuil invite la mairesse Sylvie Parent à présenter un règlement au conseil municipal afin de plafonner la rémunération à la mairie à «un niveau raisonnable» compte tenu du «déséquilibre» actuel.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

«La mairesse a délibérément choisi de cumuler plusieurs fonctions, notamment au niveau régional. Que ce soit pour des raisons de rémunération ou pour concentrer le pouvoir, c’est sûr que c’est payant, mais c’est aussi un peu gênant», estime Xavier Léger.

Ce dernier a réagi aux révélations de La Presse à l’effet que la mairesse Parent bat tous les records de rémunération parmi les grandes villes au Québec. En additionnant son salaire de base et les différentes primes reliées à ses fonctions au sein de l’agglomération, de la Communauté métropolitaine de Montréal et l’Autorité régionale de transport métropolitain ainsi que son allocation de dépenses, on constate que Sylvie Parent empochera 240 404 $ en 2019. En 2017, la rémunération totale prévue était de 161 202 $, ce qui laisse voir une hausse de 49%.

Pour M. Léger, cette augmentation est «exagérée». «La rémunération du maire devrait être sensiblement proportionnelle à la taille de la population de la municipalité», croit-il. Selon le cabinet de la mairesse de Longueuil, tout est justifié.

Chose certaine, la paye de Mme Parent est supérieure de 55 000 $ à celle de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui assume des responsabilités propres à une métropole. Mme Plante reçoit un salaire de 185 000 $ qui inclut toutes ses différentes fonctions.

Le chef de l’opposition officielle s’est dit surpris par la situation. À son cabinet, on a reconnu ignorer que le cumul des rémunérations de Mme Parent était une conséquence des récents changements législatifs. En effet, la loi 122 accordant une plus grande autonomie aux municipalités a entraîné l’abolition des maximums de rémunération qui étaient fixés. La loi est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Depuis, les municipalités devaient adopter un règlement pour fixer la rémunération des élus.

Ainsi, Xavier Léger dit espérer que Mme Parent prenne l’initiative de proposer un règlement pour baliser son propre salaire. Selon les règles en vigueur, un tel règlement doit être adopté aux deux tiers des votes du conseil municipal, y compris celui de la mairesse.