L'administration de la mairesse Valérie Plante et l'entreprise Solargise ont convenu de travailler ensemble pour trouver une solution à l'implantation de l'usine de panneaux solaires à Montréal.

Kathleen Lévesque LA PRESSE

Dans un communiqué de presse qui demeure flou, il n'est pas question du site envisagé par l'entreprise britannique, soit le Club de golf Métropolitain Anjou, dans l'est de Montréal, non plus que du projet d'agrandissement du parc régional du Bois-d'Anjou, qui vise le même terrain. Le projet de parc a été présenté et adopté à la fin de juin par l'agglomération de Montréal sous la présidence de la mairesse Plante.

Tout au plus, les parties disent avoir en commun « l'intérêt primordial des Montréalais et de tous les intervenants ». Il est toutefois impossible de savoir qui sont ces intervenants puisque, de part et d'autre, il a été convenu de ne pas commenter le dossier d'ici à ce qu'il y ait plus d'informations fournies.

Plusieurs personnes et organismes se sont prononcés sur le projet depuis que La Presse l'a rendu public il y a près de trois semaines. Le Conseil régional de développement de Montréal réclame le parc ainsi que l'usine, mais ailleurs que sur le terrain de golf. Des acteurs économiques se sont mobilisés derrière Solargise, dont la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en invoquant l'investissement de 2,3 milliards et la création de 1000 emplois directs.

L'opposition officielle à l'hôtel de ville a également mis son grain de sel, rappelant avoir voté pour le parc sans savoir qu'un projet d'usine était en discussion.

Chose certaine, les représentants de Solargise, le responsable politique du développement économique au comité exécutif, Robert Beaudry, ainsi que le service municipal du développement économique ont eu une rencontre hier « pour discuter de la possibilité de réaliser le projet d'implantation de l'usine de technologies propres et innovantes ». Le communiqué souligne que « la réunion fut positive et constructive ».

On ajoute également être convaincus qu'une solution pour réaliser la première phase du projet Solargise est possible.

L'entreprise finalise son montage financier. Selon le président de Solargise, Rajdeep Basu, une somme de 560 millions serait déjà acquise pour la construction d'une usine, mais également de laboratoires destinés à la recherche et au développement.

M. Basu a développé une nouvelle technologie, dit-il, qui est brevetée et qui permet de fabriquer des panneaux solaires avec du verre plutôt que du plastique. Du coup, ce produit est presque entièrement recyclable. Il est donc question de technologies propres.

Solargise souhaite s'installer dans l'est de Montréal en raison de la présence de la ligne de transmission d'Hydro-Québec et des voies ferrées au nord du site d'Anjou. S'installer ailleurs impliquerait des coûts supplémentaires pour l'entreprise, a plaidé M. Basu lors d'une récente entrevue avec La Presse. Ces coûts n'ont toutefois pas été précisés.

De plus, la proximité du port de Montréal est un critère essentiel, selon M. Basu, puisque les panneaux solaires sont destinés à l'exportation. Des ententes de principes avec deux États d'Inde garantiraient la vente de 40 % de la production des trois premières années d'opération de l'usine.

Solargise priorise Montréal pour s'implanter, mais d'autres villes sont sur l'écran radar, notamment en Ontario.

Le ministère de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations est interpellé dans le dossier, tout comme l'organisme gouvernemental Investissement Québec. Montréal International accompagne également Solargise dans le projet.