Les trottoirs du Plateau au coeur d'un bras de fer

Montréal a entrepris cet été de transformer la... (Photo David Boily, La Presse)

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Montréal a entrepris cet été de transformer la rue Saint-André en vélorue, projet qui donnera la priorité aux cyclistes sur cette artère.

Photo David Boily, La Presse

Les villes défusionnées de Montréal refusent de payer pour élargir des trottoirs dans le Plateau Mont-Royal. Signe d'un climat tendu au sein de l'agglomération, l'Association des municipalités de banlieue (AMB) s'adresse à la Cour supérieure pour éviter le partage d'une facture dans le cadre d'un projet de vélorue.

« Il faut définir clairement où arrêtent les compétences d'agglomération. Et selon nous, on a dépassé la ligne. On veut être de bons partenaires pour Montréal, mais il arrive un point où on doit dire non », dit Beny Masella, président des maires de banlieue.

La métropole a entrepris cet été de transformer la rue Saint-André en vélorue, projet qui donnera la priorité aux cyclistes sur cette artère. Dans le cadre de ce vaste chantier, Montréal a demandé à Hydro-Québec de déplacer 33 poteaux, ce qui permettra d'élargir les trottoirs afin d'améliorer les conditions de marche et de faciliter leur déneigement.

Les 15 villes liées se sont toutefois opposées en juin à ce que l'agglomération couvre la facture de 285 000 $ pour ce volet des travaux, estimant qu'il s'agit d'une dépense locale. Bref, que la Ville de Montréal devrait payer seule. Un mois après avoir échoué à bloquer la décision, l'AMB a décidé de se tourner vers la Cour supérieure, déposant mercredi une requête afin qu'un juge invalide le partage de la facture.

Les villes défusionnées assurent ne pas en avoir contre le projet de vélorue, soulignant avoir accepté de payer pour une autre partie de ce chantier. Elles ont en effet accepté que l'agglomération - responsable du réseau cyclable - couvre 35 % de la facture de 24,7 millions pour refaire les conduites souterraines et la chaussée de la rue Saint-André.

TROP LOIN

Mais pour l'AMB, Montréal va trop loin en incluant des travaux qui touchent les trottoirs de cette même rue. « Le déplacement des poteaux électriques n'a rien à voir avec le réseau cyclable », peut-on lire dans leur requête.

Les villes liées estiment que le dossier crée un « dangereux précédent » puisque Montréal pourrait tenter de facturer à l'agglomération des travaux en invoquant la proximité d'une piste cyclable. Et comme l'administration Plante prévoit aménager plusieurs autres vélorues, l'AMB dit vouloir tracer la ligne dès maintenant.

« Cette interprétation permettrait aux membres élus du Conseil municipal de Montréal de faire porter toutes les dépenses relatives aux arrondissements [...] sur les épaules de l'agglomération - et donc indirectement des banlieues - pour seule cause que ces travaux bordent une piste cyclable », peut-on lire dans la requête.

Le dossier se trouvant devant les tribunaux, l'administration Plante a préféré ne pas commenter, hier. Lors de la séance du conseil d'agglomération du 21 juin, le président du comité exécutif, Benoît Dorais, avait estimé que les villes liées avaient une « interprétation fort restrictive » de ce contrat.

L'élu avait indiqué que l'élargissement des trottoirs fait partie de la nouvelle géométrie de rue et que des mesures physiques sont nécessaires afin que les voitures roulent plus lentement. « Juste mettre des panneaux de signalisation ne règle rien », avait dit Benoît Dorais.

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Benoît Dorais, président du comité exécutif de la Ville de Montréal

Photo André Pichette, Archives La Presse

RETOUR DES TENSIONS

Un bras de fer autour d'un contrat de 285 000 $ peut sembler mineur, mais le fait qu'un tel dossier se retrouve devant les tribunaux en dit long sur l'état des relations entre Montréal et les villes défusionnées, estime Danielle Pilette, professeure à l'UQAM spécialisée en gestion municipale.

« C'est révélateur d'une certaine détérioration du climat depuis la façon dont a été décrétée l'augmentation du budget. Pendant des années, ce sont plutôt les arrondissements qui se sont chicanés avec Montréal. Là, ce sont moins les arrondissements qui contestent et davantage les municipalités liées », observe Mme Pilette.

Le partage des dépenses entre la Ville de Montréal, ses 19 arrondissements et les 15 villes défusionnées est souvent complexe dans la métropole. Alors que le budget de Montréal est de 5,5 milliards, seulement la moitié des dépenses relève de l'agglomération. Les 15 villes liées paient 17 % de ces dépenses d'agglomération, tandis que la Ville de Montréal couvre les 83 % restants.




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