En plus de contrevenir à la Loi québécoise sur la qualité de l'environnement, la construction d'un abri de train de 7 millions a été entreprise par l'Agence métropolitaine de transport (AMT), l'hiver dernier, à l'insu de la municipalité de Vaudreuil-Dorion.

Bruno Bisson LA PRESSE

De plus, le projet de l'AMT ne répond pas aux exigences municipales en matière de sécurité incendie, affirme la directrice générale de Vaudreuil-Dorion, Manon Bernard, dans un entretien avec La Presse. Aucune route n'a été prévue autour de l'abri pour que les véhicules des pompiers aient accès à certaines parties du long bâtiment, en cas d'urgence.

 

Le contentieux dure depuis des mois entre la municipalité et l'Agence, qui a proposé l'aménagement d'un sentier, seulement, autour de cet abri, qui fera plus de 300 mètres de longueur, et où sera entretenu le matériel roulant du train de banlieue de Dorion-Rigaud, en banlieue ouest de Montréal.

«Les pompiers ne sont tout de même pas pour traîner leurs boyaux sur leur dos», a commenté la semaine dernière Mme Bernard, tout en reconnaissant qu'une telle implantation pose des problèmes concrets, à l'AMT, en raison de la présence d'un cours d'eau municipal, près des installations ferroviaires.

Mme Bernard a affirmé que le chantier de l'AMT était en cours depuis déjà quelques semaines quand la municipalité a eu vent des travaux entrepris aux installations de l'AMT dans la rue du Cheminot, dans un secteur industriel de la ville, en janvier dernier.

Selon elle, la municipalité a alors informé l'agence provinciale que ces travaux nécessitaient l'obtention d'un permis municipal et d'une autorisation, par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).

«À l'AMT, a dit Mme Bernard, on nous a alors répondu qu'en tant que mandataire du gouvernement du Québec, son projet n'était pas soumis aux procédures d'approbation de la municipalité ou du MDDEP. Nous en avons informé le Ministère, qui a obligé l'agence à faire une demande de certificat d'autorisation.»

Trois mois plus tard, les travaux sont toujours suspendus sur une partie du chantier de construction de cet abri, nécessaire pour la mise en service de nouvelles voitures de passagers, promises au printemps, sur la ligne de train de banlieue de Dorion-Rigaud.

Et le temps commence à compter pour l'AMT. L'échéancier prévoyait que les fondations de l'abri soient terminées, et que le puits d'entretien soit fonctionnel le 15 mars dernier. La demande de certificat d'autorisation faite par l'AMT est «à l'étude», au MDDEP. Et aucune proposition n'a encore été échangée, entre l'AMT et la Ville de Vaudreuil-Dorion, pour l'aménagement d'un chemin d'accès autour de l'abri.

De bonne foi

La porte-parole de l'AMT, Martine Rouette, a indiqué à La Presse que malgré les délais qui affligent ce projet, l'Agence continue de travailler «de bonne foi» avec la municipalité et le Ministère, pour permettre de terminer la première partie de ce projet d'abri, dont les coûts totalisent 7 millions.

La présence d'un cours d'eau près du futur bâtiment et l'existence, ou non, d'une zone riveraine, en bordure dudit cours d'eau, est au coeur de ces imbroglios administratifs.

Le projet, dit Mme Rouette, a été présenté à la municipalité au cours de l'été 2009. Il n'a alors pas été question d'un chemin d'accès autour de ce bâtiment, assure-t-elle. Ces exigences de la municipalité ont été présentées seulement en mars dernier.

Quant au cours d'eau, dit-elle, il n'apparaît même pas sur un plan de localisation préparé par des experts et présenté à la Ville de Vaudreuil par l'AMT, il y a déjà plusieurs mois.

«Tout ce qui apparaît sur le plan, c'est une servitude de drainage, dit Mme Rouette. C'est pour cela que nos consultants étaient d'avis qu'aucune demande de certificat du MDDEP n'était requise pour réaliser ces travaux.»

Mme Rouette a insisté sur le fait que les délais pour achever le puits d'entretien et les fondations de l'abri ne touchent qu'une modeste partie du chantier en cours. Aucun retard n'est encore envisagé pour la mise en route des voitures de passagers récemment livrées par Bombardier.

Selon la porte-parole, les travaux visés par l'arrêt du MDDEP peuvent être achevés pour la mi-mai, si le certificat d'autorisation demandé était remis aujourd'hui.