(Montréal) Le conseil municipal de Rouyn-Noranda a adopté à l’unanimité lundi soir une résolution demandant que « les activités de la fonderie Horne visent l’atteinte des normes environnementales en vigueur pour l’ensemble des métaux lourds et des particules fines rejetées dans l’air ».

Publié le 9 août
La Presse Canadienne

Cette résolution, formulée à l’attention du gouvernement du Québec, vient s’ajouter à celle du 13 juin dernier qui demandait notamment un plan d’action interministériel centré sur la santé des citoyens de Rouyn-Noranda.

La Fonderie Horne, qui traite des concentrés de cuivre venant du monde entier en Abitibi-Témiscamingue, a été au cœur de débats en raison de ses émissions d’arsenic.

L’entreprise, propriété de la multinationale Glencore, rejette actuellement dans l’air jusqu’à 100 nanogrammes d’arsenic par mètre cube, soit 33 fois plus que la norme québécoise, qui est de 3 ng/m⁠³.

Elle est située à proximité de quartiers résidentiels de Rouyn-Noranda.

Québec a nommé jeudi dernier Hélène Proteau administratrice d’État chargée de la coordination de l’action gouvernementale dans le dossier de la Fonderie Horne de Rouyn-Noranda.

Cette nomination fait suite à une demande du conseil municipal du 21 juillet.

« Nous avons accueilli très favorablement cette nomination. Mme Proteau est dans le dossier depuis le début et nous avons confiance en elle », a indiqué la mairesse Diane Dallaire lors de la séance du conseil.

Le conseil municipal a également demandé lundi soir que la prochaine autorisation ministérielle délivrée à Glencore par le ministère de l’Environnement prévoie des plafonds quotidiens d’émission.

« Des cibles intermédiaires pour assurer une diminution continue des rejets dans l’air, dans l’eau et le sol, […] l’installation de stations de mesures supplémentaires pour assurer l’obtention de données représentatives de l’ensemble des émissions des métaux sur le territoire » font également partie des demandes formulées par la mairesse Dallaire.

Des conséquences pour Glencore sont aussi exigées en cas de non-respect des mesures.

À l’invitation de Mères au front, plusieurs citoyens, notamment des parents avec leurs enfants, étaient présents lors de la séance du conseil municipal afin de réitérer leurs craintes quant à la qualité de l’air.

« Je m’inquiète beaucoup pour ma famille et la population de Rouyn-Noranda. […] Quand je vois les impacts que ça a sur la santé des enfants, je me sens coupable comme maman de faire vivre cela à mes enfants, en faisant le choix d’habiter à Rouyn-Noranda », a témoigné, la gorge serrée, Myriam Tasset, une travailleuse sociale et mère de quatre enfants qui vit à Rouyn-Noranda depuis 18 ans.

Plusieurs citoyens se sont succédés au micro lors de la période de questions pour faire part de leur anxiété et de leur hésitation à continuer de vivre à Rouyn-Noranda. Certains ont dit craindre que des professionnels indispensables, notamment en santé, quittent la municipalité.

Mercredi, le directeur national de santé publique, Dr Luc Boileau, fera le point sur la santé environnementale à Rouyn-Noranda. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) fera également une présentation technique sur le sujet.

Consultez le texte « Mieux comprendre les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne »