(Québec) Le maire de Québec se demande pourquoi la Ville de Montréal pourra refuser d’appliquer de nouvelles normes plus permissives sur le nickel dans l’air, alors que la capitale devra s’y plier.

Mis à jour le 28 janvier
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« Ce n’est pas vrai que les citoyens de Québec seront traités différemment », a prévenu Bruno Marchand lors d’une conférence de presse vendredi.

Le gouvernement Legault va modifier les normes sur le nickel dans l’air au bénéfice de l’industrie. La limite pour les particules dans l’air doit passer de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube (ng/m⁠3) quotidiennement.

Or la mairesse de Montréal a fait savoir cette semaine que la métropole n’allait pas se conformer à ce nouveau règlement. La limite permise de nickel dans l’air va demeurer à 15 ng/m⁠3 de nickel sur huit heures.

« Montréal maintient sa juridiction en matière de qualité de l’air. Nous continuerons de respecter les plus hautes normes de réduction de la pollution et restons maîtres de l’assainissement de notre air », a assuré Valérie Plante dans une déclaration sur les réseaux sociaux.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a compétence pour réglementer les normes sur la qualité de l’air sur son territoire. Il s’agit d’une exception au Québec. Les autres villes doivent se plier aux normes du gouvernement provincial.

« Dépendamment des positions qu’on va prendre, si des choses sont accordées à Montréal, pourquoi pas les accorder à Québec ? », se demande le maire de Québec.

« Vous connaissez l’historique des maires de Québec, des gens de Québec, il y a ici une considération qu’on souhaite. Si Montréal a des pouvoirs, pourquoi Québec ne les aurait pas ? »

« Insultant » pour les gens de Limoilou

La décision du gouvernement Legault a indisposé plusieurs élus de la capitale. Des mesures prises dans le quartier Limoilou ont montré dans les dernières années des concentrations de nickel dans l’air qui excèdent déjà les limites.

« Qu’on envisage de changer cette norme-là, pour les gens de Limoilou, c’est quelque chose d’insultant », lance le chef de l’opposition officielle, Claude Villeneuve.

« On est à se demander combien de particules de plus dans l’air on peut autoriser, alors qu’on devrait se demander comment réduire les contaminants dans l’air », ajoute M. Villeneuve.

La Ville de Québec va tenir lundi une séance plénière sur cet enjeu qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Plusieurs intervenants ont été invités, dont la Direction de la santé publique de la Capitale-Nationale, qui ne s’oppose pas aux nouvelles normes.

L’entreprise Glencore, qui fait des opérations de chargement et de déchargement de nickel dans le port de Québec, va aussi s’exprimer devant les élus.

Deux partis de l’opposition à l’hôtel de Ville ont déjà annoncé qu’ils allaient s’opposer à l’assouplissement des normes sur le nickel proposé par Québec. Le maire, lui, attend l’exercice de lundi pour prendre position.

« On y croit, au plénier, ce n’est pas un show de boucane. Les invités sont crédibles. Ça enrichit l’exercice démocratique », estime le maire, qui espère que le conseil municipal pourra parler d’une voix sur cet enjeu.