(Pékin) La Chine a averti lundi qu’une forte pollution de l’air pendant les Jeux olympiques de Pékin n’était pas à exclure, au moment où la consommation de charbon dans le pays explose.

Mis à jour le 24 janvier
Agence France-Presse

Le pays asiatique, qui dépend à 60 % de la houille pour sa production d’électricité, a fait face ces derniers mois à des coupures de courant et a accru en conséquence son extraction de charbon.

L’arrivée du froid a par ailleurs conduit à allumer précocement le chauffage cette année dans les régions du nord du pays, ce qui alimente la pollution.

A moins de deux semaines des JO d’hiver (4-20 février), un épais brouillard recouvrait ainsi lundi la capitale chinoise.

« Les Jeux olympiques et paralympiques de Pékin coïncident avec la fin de l’hiver et le début du printemps dans le nord de la Chine, quand les conditions météorologiques sont extrêmement défavorables », a relevé lundi devant la presse un porte-parole du ministère chinois de l’Environnement, Liu Youbin.

Durant les JO, « en cas de forte pollution, toutes les localités (concernées) lanceront des plans d’urgence », a assuré M. Liu, en référence aux villes hôtes de Pékin et Zhangjiakou qui pourront ordonner aux usines polluantes de réduire leur production.

Lundi, la présence des particules fines à Pékin était évaluée aux alentours de 218 sur l’indice de l’entreprise suisse IQAir, soit un niveau « très malsain ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser le seuil de 15.

La qualité de l’air dans la capitale chinoise s’est cependant nettement améliorée ces dernières années, avec des épisodes polluants moins fréquents et d’intensité moindre.

A titre indicatif, Pékin avait atteint en octobre 2014 le seuil de 671 microgrammes par m3, valant alors à cette vague de pollution le surnom « d’airpocalyse ».

Pékin avait lancé l’année suivante une « guerre à la pollution », en remportant l’organisation des JO d’hiver de 2022. Des dizaines de centrales à charbon ont depuis été fermées et des industries lourdes délocalisées.

A l’approche des Jeux, les aciéries de la ville ont reçu dès le mois d’août pour consigne de réduire de moitié leur production. Et 25 millions de foyers du nord de la Chine ont vu leurs poêles à charbon remplacés par des brûleurs à gaz ou électriques moins polluants.

Mais la consommation de charbon a de nouveau augmenté l’année dernière dans le pays (+4,7 % sur un an), selon des chiffres officiels publiés dimanche.