Trois heures pour mieux comprendre les enjeux du dérèglement climatique et chercher des solutions concrètes, de façon ludique et collective : telle est l’idée de la Fresque du climat. Avec plus de 225 000 participants dans le monde, elle se déploie petit à petit au Québec.

Chloé Bourquin
Chloé Bourquin La Presse

« Quinze tonnes par année : ce sont nos émissions d’équivalent CO2 par habitant au Québec. Maintenant, il va falloir réfléchir à comment diviser ce chiffre par huit pour respecter les accords de Paris », lance Julien Letrouit, animateur pour la Fresque du climat Québec.

Après quelques rires et exclamations, tout le monde s’empare d’un papillon adhésif type Post-it coloré et commence à écrire ses idées de solution. Transport, logement, alimentation, actions collectives : tout y passe. Les notes s’accumulent peu à peu et sont accrochées sur un graphe, en fonction de leur efficacité pour lutter contre le réchauffement climatique et de leur facilité de mise en pratique.

Cette activité a eu lieu dans le cadre d’une Fresque du climat, organisée le 13 octobre dernier au centre communautaire Dawson, à Verdun, en collaboration avec le mouvement citoyen Transition Verdun.

Apprendre tout en s’amusant

La Fresque du climat est un jeu ludique de 42 cartes basé sur les rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Chaque fresque, d’une durée de trois heures, regroupe une dizaine de personnes encadrées par un animateur. Le jeu permet d’en apprendre plus sur les causes et les conséquences du dérèglement climatique, mais aussi sur les leviers d’action concrets qui peuvent être mis en place.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Julien Letrouit anime une fresque au centre communautaire Dawson à Verdun.

C’est quand même plus fun de jouer avec des cartes que de lire tout le rapport du GIEC de bout en bout.

Camille Defoly, animatrice et référente locale de la Fresque du climat

Jouer en groupe permet également de réfléchir collectivement aux questions du réchauffement climatique, et de ne pas rester seul face à ces ordres de grandeur qui peuvent parfois donner le vertige. « Même si on se sent petit par rapport à tout ça, ça permet de retrouver des gens qui partagent les mêmes intérêts et d’essayer de trouver ensemble des solutions », explique Louis Dumoulin, participant à la fresque.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Les 42 cartes sont basées sur les rapports du GIEC.

« Ça permet aussi de prendre conscience de l’ampleur du problème : oui, on peut faire des choses dans notre quotidien, on peut changer des habitudes […]. Mais pour résoudre le problème, il va aussi falloir essayer d’influencer les structures collectives : les gouvernements, les entreprises, les communautés… », souligne Julien Letrouit.

Créée en France en 2015 par Cédric Ringenbach, la Fresque du climat a depuis été traduite en 28 langues. Elle s’est exportée au Québec en juin 2020 : si son implantation a été quelque peu ralentie en raison de la COVID-19, elle a néanmoins réussi à sensibiliser des centaines de personnes en ligne. Les fresques en présentiel ont repris depuis la fin de l’été 2021.

PHOTO FOURNIE PAR LA FRESQUE DU CLIMAT

La Fresque du climat a été créée en France en 2015 par Cédric Ringenbach (à l’arrière à droite)

Aussi pour les entreprises

« Il y a des fresques grand public qu’on offre bénévolement pour faire connaître l’outil », précise Camille Defoly, mais également des fresques payantes que les entreprises peuvent acheter pour leurs employés. Pour celles-ci, « on pourrait personnaliser la dernière partie de l’atelier, qui est celle sur les leviers d’action, pour orienter avec ce que fait l’entreprise dans le cadre d’une stratégie de développement durable ou dans celui d’une stratégie pour réduire son empreinte carbone », explique-t-elle.

À l’issue d’une fresque, n’importe quel participant peut lui-même devenir animateur en suivant une formation de trois heures. « C’est pour ça que c’est exponentiel et que ça se déploie aussi vite », s’enthousiasme Camille Defoly. « Chaque animation que tu fais, ça peut marquer quelqu’un qui va avoir envie ensuite de propager lui aussi cette information vitale : qu’est-ce qui va nous arriver, comment lutter contre le dérèglement climatique… Je trouve que c’est vraiment un bon moyen pour lutter contre l’écoanxiété », ajoute-t-elle.

Une fresque sera donnée le 27 octobre en présentiel à Montréal, et une autre, le 6 novembre en ligne. La Fresque du climat sera également présente à Glasgow pour la COP26, qui se tiendra en novembre 2021.

Consultez la page Facebook de la Fresque du climat Québec

En chiffres

1 million : nombre de personnes que la Fresque du climat souhaite toucher
225 000 : nombre de personnes ayant déjà participé à la Fresque du climat dans le monde 
600 : nombre de personnes ayant déjà participé à la Fresque du climat au Canada 
9000 : nombre d’animateurs dans le monde 
30 : nombre d’animateurs au Québec 
1 : fresque gratuite ouverte à tous, chaque mois, au Québec

Source : la Fresque du climat Québec