Les carpes asiatiques, une espèce envahissante, causent des ravages importants partout où elles passent depuis leur introduction en Amérique du Nord dans les années 1970. Or, ce poisson qui peut peser jusqu’à 50 kg devra maintenant faire face à un nouveau prédateur : le chien !

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

Depuis la fin de l’année 2020, votre toutou préféré peut en effet manger de la carpe asiatique, contribuant du même coup à réduire la population de cette espèce.

Des croquettes pour chiens faites avec de la chair de carpe asiatique broyée sont commercialisées par Wilder Harrier, une entreprise québécoise établie à Montréal. On retrouve ce nouveau produit dans les différents magasins d’alimentation pour animaux. On peut aussi se le procurer en ligne sur le site web de l’entreprise.

Selon Philippe Poirier, président et cofondateur de Wilder Harrier, les nouvelles croquettes à base de carpes asiatiques ont reçu un accueil positif jusqu’à maintenant. « Les chiens l’adorent ! », dit-il.

Le test a été aussi concluant avec le labernois du représentant de La Presse, qui a dévoré sa gamelle remplie à ras bord.

Si la carpe asiatique peut sembler inusitée comme principal ingrédient dans des croquettes pour chiens, c’est que Wilder Harrier s’est donné pour mission de produire de la nourriture et des gâteries à partir de protéines « alternatives », souligne Philippe Poirier.

L’entreprise vend déjà des croquettes faites à partir d’insectes tout comme des biscuits à base de grillons ou d’algues.

Pour la carpe asiatique, l’entreprise s’approvisionne auprès d’une usine américaine, qui récolte ses poissons dans la rivière Illinois et le lac Michigan, où l’on trouve notamment des carpes à grosse tête et des carpes argentées.

Un vrai fléau

PHOTO ANGEL FRANCO, ARCHIVES LA PRESSE

Des carpes asiatiques dans la rivière Illinois aux États-Unis

Partout où elles passent, les carpes asiatiques sont un véritable fléau. Elles se reproduisent en grand nombre, elles peuvent mesurer jusqu’à plus de 1 mètre et peser jusqu’à 50 kg. Surtout, elles sont terriblement voraces. Chaque jour, elles mangent l’équivalent d’environ 40 % de leur poids. Herbivores, elles peuvent très rapidement raser tout un écosystème.

C’est aussi une espèce difficile à contenir. Même des barrières électriques installées par l’armée américaine, au début des années 2000, n’ont pu stopper la progression de la carpe asiatique vers les Grands Lacs.

Ironiquement, ce sont autant de bonnes nouvelles pour Wilder Harrier, qui n’a pas à craindre des problèmes d’approvisionnement au cours des prochaines années.

L’entreprise prévoit déjà de vendre son nouveau produit aux États-Unis et en Corée du Sud, où la nourriture pour chiens contenant des protéines animales coûte beaucoup plus cher qu’en Amérique, précise Philippe Poirier.

Si Wilder Harrier compte sur la carpe asiatique pour vendre ses croquettes, les gouvernements américain et canadien souhaitent probablement beaucoup de succès à cette entreprise québécoise.

Ils craignent presque comme la peste cette espèce envahissante, qui cause déjà d’importants dommages écologiques et économiques.

Wilder Harrier estime avoir besoin de 50 à 100 tonnes de chair de carpes asiatiques broyées pour l’année 2021. Ce ne sera pas suffisant pour éradiquer l’espèce, mais c’est assurément un bon début.

Sur l’écran radar

Un nouveau centre sur le climat à Vancouver

PHOTO JENNIFER GAUTHIER, REUTERS

Vue de Vancouver, en Colombie-Britannique

Le gouvernement fédéral a annoncé mardi une aide de 22 millions de dollars pour permettre à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, de mettre sur pied un centre urbain sur le climat dans la région métropolitaine de Vancouver. Le nouveau centre verra le jour grâce au programme Renewable Cities, de Simon Fraser, destiné à soutenir notamment la transition énergétique. L’objectif est de mettre en place, localement, des solutions pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 La Presse

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PHOTO HAMAD I MOHAMMED, REUTERS

Vue de la côte de NEOM, en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde, a annoncé le lancement d’une ville écologique avec « zéro voiture, zéro route, zéro émission de CO2 » à NEOM, une zone du nord-ouest du royaume actuellement en développement. Région futuriste et touristique, NEOM figure sur la liste des nombreux mégaprojets en cours destinés à diversifier l’économie de l’Arabie saoudite, qui dépend très largement de l’exportation de l’or noir. La ville, baptisée The Line, pourra accueillir 1 million d’habitants et préservera 95 % des zones naturelles. « Il n’y aura ni voiture ni route et zéro émission de carbone », a ajouté dans une déclaration retransmise à la télévision le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto de la première économie du monde arabe, régulièrement classée parmi les pays les plus pollueurs au monde.

– Agence France-Presse