Réparer un appareil, raccommoder un vêtement : les citoyens de Villeray auront désormais un endroit où faire tout cela eux-mêmes, avec l’ouverture cette semaine du premier « café réparation » (repair café) de la métropole.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

Retrouver le plaisir de faire les choses par soi-même. Au coin de sa rue.

C’est ce que voulaient rendre accessible aux gens de Villeray les instigateurs du projet Mon Atelier de quartier, qui ouvrira ses portes vendredi, à l’angle des rues Jean-Talon et de La Roche, à Montréal.

« C’est le garage que tu n’as pas », illustrent Annick Girard et Jean-Philippe Roy pour décrire ce projet atypique.

Car les « cafés réparation » et autres « répar-o-thons », où les participants s’entraident pour donner une seconde vie à divers objets défectueux ou abîmés, sont généralement des événements ponctuels.

« Nous, c’est permanent, c’est ouvert et accessible en tout temps », explique Annick Girard.

Mais ils ne se voient pas comme des concurrents, bien au contraire. Leur établissement pourrait justement accueillir ce type d’événement.

« C’est un entrepôt d’outils disponibles pour qu’on soit capable de réparer à peu près n’importe quoi », enchaîne Jean-Philippe Roy.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

À l’arrière, Éric Deschênes et Jean-Philippe Roy. À l’avant, Nathalie Chapdeleine, Annick Girard et Krystel Papineau.

Le projet qu’ils ont mis sur pied avec trois autres partenaires s’articule autour de trois axes : une « matériothèque », une salle consacrée aux ateliers de formation et un café zéro déchet, ce dernier volet se voulant une vitrine pour les deux autres.

« C’est une manière d’aller rejoindre monsieur et madame Tout-le-Monde, qu’on n’aurait peut-être pas rejoints en faisant juste un projet de réparation », explique Annick Girard.

Un « service public » hyperlocal

Mon Atelier de quartier offrira ainsi à ses membres une banque d’heures d’utilisation de ses équipements.

Des « spécialistes » ayant différentes expertises assureront également une présence régulière pour aider les gens venus réparer quelque chose.

« Juste ici, dans le quadrilatère, il y a beaucoup de personnes avec beaucoup de compétences », constate Jean-Philippe Roy, évoquant l’ébénisterie et la couture.

Ce constat conforte les instigateurs dans leur volonté de créer une plaque tournante hyperlocale, à l’échelle du quartier.

« Tu pars avec ta paire de jeans, c’est le fun de pouvoir la réparer au coin de la rue », illustre Jean-Philippe Roy.

Mon Atelier de quartier aimerait d’ailleurs essaimer dans d’autres quartiers, ses idéateurs envisageant autant d’ouvrir eux-mêmes de nouveaux ateliers ou d’aider d’autres personnes à le faire, une fois que le leur sera bien sur les rails.

Il y a de la place pour ça dans tous les quartiers, dans toutes les villes. C’est presque un service public !

Annick Girard

L’intérêt pour leur commerce est palpable dans le quartier : les gens s’arrêtent et s’enquièrent avec enthousiasme de l’avancée des préparatifs, raconte l’équipe.

Cet intérêt est rassurant, puisque Mon Atelier de quartier est un « laboratoire », explique Annick Girard.

« Le modèle d’affaires qu’on est en train de monter n’existe pas », ajoute Jean-Philippe Roy.

Les cinq partenaires ont d’ailleurs acheté l’immeuble commercial qui abrite leur projet, estimant que c’est ce qui rendrait leur aventure possible.

Et parmi les locataires des autres locaux, il y a notamment des entreprises ou organismes ayant eux aussi une vocation écoresponsable.

Induire le changement sans le forcer

Mon Atelier de quartier se veut aussi une façon d’amener les gens à adopter naturellement des comportements écologiques, sans les imposer.

« Quand tu as fabriqué ou réparé toi-même quelque chose, tu comprends plus ton appareil, sa complexité, et après ça, tu en prends soin et tu veux qu’il dure longtemps ; c’est là que se fait le changement de comportement », estime Annick Girard.

« Moi, je ne sais pas quoi faire pour les changements climatiques, à part m’inquiéter. Mais là, en réparant mes affaires, ça me permet de consommer moins puis j’ai l’impression de faire quelque chose qui compte », ajoute Jean-Philippe Roy.

Et l’exercice est hautement gratifiant, dit-il, évoquant la jubilation de son fils de 11 ans qu’il avait amené à un atelier pour démonter et réparer son téléphone intelligent.

Sur l’écran radar

Terre-Neuve bannit les sacs en plastique à l’épicerie

PHOTO ANDREW VAUGHAN, LA PRESSE CANADIENNE

Des clients à la caisse d’une épicerie Sobeys de St. John’s, à Terre-Neuve

Les sacs en plastique ne pourront plus être distribués à la caisse des épiceries et magasins de Terre-Neuve-et-Labrador à partir du 1er juillet. Le gouvernement provincial a modifié sa Loi sur la protection de l’environnement en avril, puis a rédigé un règlement et donné aux gens le temps de se préparer au changement. Une interdiction similaire était entrée en vigueur à l’Île-du-Prince-Édouard en juillet, et la Nouvelle-Écosse a déposé sa propre loi à l’automne. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador affirme avoir reçu 3000 avis au cours du processus de consultation qui a mené à la rédaction du règlement. Ce règlement prévoit toutefois un certain nombre d’exceptions, notamment les sacs utilisés pour emballer les aliments et la viande, les journaux, les plantes en pot et les vêtements nettoyés à sec, ainsi que les sacs destinés à un usage domestique ou professionnel.

— La Presse canadienne

Récompense pour retirer un pneu du cou d’un crocodile géant en Indonésie

PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce crocodile marin a un pneu de moto coincé autour du cou à Palu, la capitale de la province du Sulawesi central.

Les autorités indonésiennes offrent une récompense à quiconque pourra venir en aide à un crocodile marin ayant un pneu de moto coincé autour du cou – et survivre à l’expérience. Le courageux chasseur de crocodile touchera une somme en liquide non précisée. Le reptile mesure quatre mètres de long. Les autorités de Palu, la capitale de la province du Sulawesi central, ont essayé – en vain – depuis des années de trouver un moyen de dégager la bête, après la diffusion d’une vidéo la montrant en train d’essayer d’aspirer de l’air. Certains s’étaient inquiétés du fait que le pneu était en train de tuer lentement l’animal. L’agence de protection de l’environnement de la province n’a pas donné de détails sur la récompense, mais son chef a affirmé qu’il payerait la récompense de sa poche. Il a aussi souligné qu’il ne lançait pas un appel à des amateurs à s’occuper du crocodile, mais s’adressait plutôt à des spécialistes de la faune sauvage.

— Agence France-Presse

États-Unis : véhicules électriques et voitures autonomes pour UPS

PHOTO JIM YOUNG, ARCHIVES REUTERS

Un livreur d’UPS livre un paquet à Evanston, en Illinois.

Le groupe de logistique UPS a annoncé mercredi la commande de 10 000 camions électriques à l’entreprise britannique Arrival, ainsi qu’un partenariat avec l’entreprise en démarrage Waymo, une filiale de Google spécialisée dans les voitures autonomes. UPS précise envisager des achats de camions électriques supplémentaires si les tests avec les premiers véhicules, qui seront déployés en Europe et en Amérique du Nord, s’avèrent concluants. Dans les prochaines semaines, UPS va par ailleurs utiliser des monospaces autonomes Chrysler Pacifica de Waymo pour transporter des colis entre des points de service UPS dans la région de Phoenix (Arizona) et un centre de tri UPS. Le véhicule roulera sans chauffeur, mais un conducteur formé par Waymo sera à bord pour suivre son parcours et prendre le contrôle en cas d’urgence.

— Agence France-Presse

Europe : contre le gaspillage alimentaire, un « pacte » sur les dates de consommation

PHOTO BALINT PORNECZI, ARCHIVES BLOOMBERG

Une cliente d’une épicerie Carrefour de Portet sur Garonne, près de Toulouse, en France, passe devant un étalage de fromages.

Lutter contre le gaspillage par une meilleure « gestion et compréhension des dates de consommation » : c’est l’objectif d’un « pacte » signé mardi par 38 distributeurs, fédérations professionnelles, associations de consommateurs et industriels de l’agroalimentaire. Ces premiers signataires, qui espèrent être rejoints par l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, y prennent 10 engagements « coconstruits, concrets et mesurables », indique un communiqué de l’initiative. Les signataires s’engagent par exemple à tester en magasins des rayons « antigaspi ». « On est assez positivement surpris par le nombre d’acteurs qui se sont ralliés : à présent, chacun doit bosser de son côté sur le sujet », explique à l’AFP Lucie Basch, fondatrice de l’application anti-gaspillage Too Good To Go à l’origine du projet.

— Agence France-Presse