Terre-Neuve ensevelie sous la neige, Calgary sous la grêle, saison record d’ouragans, tornades en puissance ; les tempêtes en tous genres ont dominé les catastrophes naturelles au Canada, en 2020, selon le palmarès des 10 évènements météorologiques les plus marquants de l’année d’Environnement Canada dévoilé mercredi. Des évènements attisés par le réchauffement climatique.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

1. La tempête de grêle à 1 milliard de dollars à Calgary

La Ville de Calgary est une abonnée des palmarès annuels d’Environnement Canada et 2020 ne fait pas exception. La tempête de grêle qui l’a frappée le 13 juin est le plus important évènement météorologique de l’année au pays. Avec 32 000 véhicules lourdement endommagés et 63 000 réclamations d’assurance totalisant 1,3 milliard de dollars, c’est aussi la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’année et la quatrième plus coûteuse de l’histoire du pays.

2. Le ciel enfumé en Colombie-Britannique

PHOTO DON MACKINNON, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le ciel de Vancouver était assombri en septembre dernier par les feux de forêt.

Même si la Colombie-Britannique a enregistré très peu d’incendies de forêt en 2020, le ciel s’est enfumé intensément pendant huit jours, à la mi-septembre, en raison de ceux faisant rage dans l’ouest des États-Unis. « C’était l’air le plus pollué du monde à ce moment », a indiqué le climatologue principal d’Environnement Canada, David Phillips, mercredi. Le taux de particules fines dans l’air était six fois plus élevé que lors des saisons records d’incendies de forêt de 2017 et 2018.

3. Inondation du siècle à Fort McMurray

PHOTO GREG HALINDA, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le niveau de l’eau a monté de six mètres, à certains endroits en avril à Fort McMurray.

Après le gigantesque incendie de forêt de 2016, c’est la crue des eaux qui a fait fuir les habitants de Fort McMurray, cette année, en avril, avec la plus importante inondation en plus d’un siècle. Le niveau de l’eau a monté de six mètres, à certains endroits. Environnement Canada constate que les évènements météorologiques sont aujourd’hui « plus extrêmes » qu’il y a 25 ans, quand elle a commencé à dresser son palmarès annuel.

4. Un été chaud interminable

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le 27 mai dernier, il a fait 36,6 °C à Montréal, du jamais vu.

L’été est arrivé tôt au Québec et dans l’Est du pays, en 2020. Le 27 mai, il a fait 36,6 °C à Montréal, du jamais vu. La même température a été enregistrée à Sept-Îles le 18 juin, un record de tous les temps pour la région. Pas moins de 140 records de température ont été dépassés en juin, au Québec. Toronto a pour sa part connu 15 « nuits tropicales » en juillet, avec un mercure au-dessus de 20 °C, contre quatre habituellement.

5. Tempête de neige apocalyptique à St. John’s

PHOTO ANDREW VAUGHAN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La tempête qui a balayé St. John’s en janvier dernier a laissé 76,2 cm de neige derrière elle.

Terre-Neuve a l’habitude des tempêtes de neige costaudes, mais celle du 17 janvier 2020 restera dans les annales. Il est tombé 76,2 cm de neige à St. John’s, le tout avec des vents atteignant 164 km/h, ce qui a amené la Ville à demander l’aide des forces armées canadiennes. « Vous savez que ça va mal à Terre-Neuve quand ils déclarent l’état d’urgence », ce qui a été fait pour la première fois en 36 ans, a souligné David Phillips.

6. Saison record d’ouragans

PHOTO ANDREW VAUGHAN, LA PRESSE CANADIENNE

La Nouvelle-Écosse n’a pas été épargnée par l’ouragan Teddy en septembre dernier.

Avec 30 tempêtes « nommées », dont huit ont touché Canada, la saison des ouragans dans l’Atlantique a battu le record précédent de 2005. Cristobal, Fay et Isaias ont déversé des dizaines de millimètres de pluie et causé des dizaines de milliers de pannes d’électricité au Québec. Cela démontre que « les changements climatiques qui se produisent ailleurs qu’au Canada ont également une incidence de plus en plus grande sur la santé et le bien-être des Canadiens au pays », souligne Environnement Canada.

7. La tornade la plus puissante de l’année

Avec des vents atteignant 260 km/h, la tornade survenue le 7 août dans le sud-ouest du Manitoba, près de Scarth, a été la plus puissante de l’année. Elle a notamment soulevé et projeté un kilomètre plus loin une camionnette dans laquelle se trouvaient deux adolescents, qui ont été tués. Environnement Canada a enregistré 77 tornades cette année au pays, dont un « possible record » de 42 en Ontario.

8. Un printemps glacial

« On peut carrément dire que le printemps n’est jamais arrivé, cette année », a lancé Chantal McCartin, spécialiste des sciences physiques d’Environnement Canada. Le printemps a été anormalement froid pour plus de 80 % de la population et le mois d’avril a été le sixième le plus froid en 73 ans dans les Prairies et le sud-est du pays. En Alberta, la température a parfois été de 22 degrés sous la normale, par endroits.

9. Un automne aux antipodes

L’automne a lui aussi été anormal, avec des températures estivales en novembre dans le sud du Québec et de l’Ontario. « La meilleure fin de semaine de l’été, cette année, a été en novembre », a plaisanté David Phillips. Quelque 200 records quotidiens de chaleur ont été battus en huit jours, dans l’est du pays. Au même moment, un froid glacial s’abattait sur l’ouest, laissant plus de 30 centimètres de neige en Saskatchewan.

10. Tempêtes d’août

La première fin de semaine du mois d’août (prolongée par une journée fériée dans la plupart des provinces et territoires canadiens) a été marquée par une météo « particulièrement mauvaise » d’un bout à l’autre du pays : tornades et pluies diluviennes en Ontario ; orages violents, grêles et crues-éclair dans l’Ouest. Les changements climatiques « ajoutent un ingrédient » qui accentue l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques exceptionnels, explique Chantal McCartin.