(Los Angeles) Los Angeles et le géant technologique Google ont annoncé mercredi avoir conclu un partenariat pour cartographier la densité de la végétation dans la ville et identifier ainsi les quartiers qui ont besoin de planter des arbres pour lutter contre la chaleur, parfois extrême dans la mégalopole californienne.

Laurent BANGUET
Agence France-Presse

« C’est un nouvel outil puissant et nous sommes la première ville dans le pays à faire ça », s’est félicité le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, en présentant le programme « Tree Canopy Lab ».

L’outil développé par Google « nous permet d’évaluer rapidement les zones de notre ville ayant la plus grande densité de population, le moins d’arbres et les températures les plus élevées », a résumé l’élu.

L’enjeu est de taille pour cette ville de 4 millions d’habitants, qui s’étend sur plus de 1300 km2, entre la mer et des vallées au climat quasi désertique. Dans la vallée de San Fernando, les températures moyennes en juillet et août oscillent actuellement autour de 33 °C et des projections estiment que d’ici vingt à trente ans, elles seront d’au moins 35 °C pendant 120 jours par an sous l’effet du changement climatique.

La couverture végétale, en particulier la canopée des arbres, joue un rôle important pour conserver la fraîcheur au niveau du sol dans les villes. La concentration de rues goudronnées et de bâtiments peut créer des « îlots de chaleur » aux conséquences sanitaires et environnementales parfois graves, surtout combinées avec les effets de la pollution atmosphérique, une constante à Los Angeles.

Tree Canopy Lab a déjà permis de mettre en lumière le fait que plus de la moitié des habitants de Los Angeles vivent dans des zones où la canopée représente moins de 10 % de la surface, et que 44 % d’entre eux sont exposés à des risques de chaleur extrême, relève Google.

Photos aériennes et intelligence artificielle

Concrètement, ce nouvel outil s’appuie sur une base de données constituée à l’aide d’images prises par des avions durant le printemps, l’été et l’automne, couplée à l’intelligence artificielle développée par Google et Google Earth.  

« Nous pouvons localiser précisément tous les arbres d’une ville et calculer leur densité […] Pour obtenir des informations encore plus détaillées sur la canopée d’une ville, des photos prises dans le spectre infrarouge détectent des couleurs et des détails que l’œil humain ne peut percevoir et comparent les images prises sous différents angles », poursuit la firme californienne.

Une intelligence artificielle spécialisée dans l’identification des arbres passe automatiquement en revue ces images et produit une cartographie de la canopée facilement utilisable (insights.sustainability.google/labs/treecanopy).

« Avec cet outil, la ville de Los Angeles n’a plus besoin de s’appuyer sur des études manuelles longues et coûteuses, qui peuvent nécessiter de recenser les arbres dans chaque pâté de maisons ou utilisent des relevés obsolètes », affirme Google.

« Notre partenariat avec Google est l’aboutissement d’un long travail et nous sommes très heureux d’avoir cet outil qui nous permettra de comprendre quels sont les besoins et d’établir rapidement des priorités », a déclaré Rachel Malarich, responsable des forêts de Los Angeles, un poste créé en 2019 par Eric Garcetti.

La ville s’était fixé pour objectif de planter 90 000 arbres d’ici la fin de 2021 et de continuer à en planter 20 000 chaque année par la suite.

Google a souligné que l’outil développé pour Los Angeles allait être prochainement étendu à « des centaines d’autres villes » afin de soutenir ce genre d’initiatives.