Les municipalités applaudissent à la multiplication des bacs bruns touchant l’ensemble des ménages du Québec d’ici 2025.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il étendrait la collecte des matières organiques à tous les ménages, institutions, commerces et industries d’ici 2025. Une somme de 450 millions y sera consacrée pour l’exercice 2020-2021.

Réagissant à cette annonce, vendredi, la présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, a jugé l’objectif « ambitieux mais pas impossible ».

Le gouvernement, dit-elle, prend la bonne direction en veillant à réduire les matières résiduelles, celles qui prennent le chemin du dépotoir.

« Le bac bleu est devenu un réflexe maintenant ; on ne se bat plus avec le citoyen, ou de moins en moins, en tout cas. Aujourd’hui, c’est normal de recycler. Les citoyens doivent développer le même réflexe pour le bac brun », a plaidé Mme Roy, qui est aussi mairesse de Sainte-Julie.

Elle a dit espérer que les débouchés pour ces matières organiques soient vite trouvés. « Le développement des installations, les débouchés, vont devoir suivre le même rythme que le déploiement de la collecte, sinon on va retourner à l’enfouissement. Et ce n’est pas l’objectif », a prévenu Mme Roy.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, a quant à lui salué le fait que la stratégie respectera les différences régionales.

« Le traitement de la matière résiduelle n’est pas nécessairement la même façon de faire dans des endroits plus densifiés ou dans des régions où ça l’est moins. Une approche régionale est aussi importante pour éviter les déplacements de camions inutiles et ainsi détruire (les efforts déployés), en faisant de la production de gaz à effets de serre », a commenté M. Demers.

La stratégie de valorisation de la matière organique avait été coulée la veille dans plusieurs médias. Québec compte y consacrer 1,2 milliard d’ici 10 ans.

De même, à titre incitatif, le gouvernement augmentera le montant des redevances qui doivent être versées pour enfouir des matières résiduelles. Ce montant passera de 23,51 $ à 30 $ la tonne.

Québec espère qu’en bout de ligne, 70 % des matières organiques auront été valorisées ou recyclées d’ici 10 ans.