Que faire avec ses skis lorsqu’ils sont trop vieux pour dévaler les pentes ou parcourir les sentiers ? Un enseignant du Bas-Saint-Laurent a trouvé une façon originale de les transformer en meubles vendus pour financer des sorties scolaires… à la montagne, bien sûr.

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

Ils s’empoussièrent dans le fond du garage ou encombrent le cabanon depuis des années, soit par nostalgie d’exploits sportifs anciens, soit parce qu’on entretient un vague espoir que quelqu’un, un jour, aura envie de chausser à nouveau ces vieux skis usés. Même si la conception date du siècle dernier, que les carres ont disparu à force d’être aiguisées, que la solidité des fixations est plus que douteuse, et que même le bazar du sous-sol de l’église vend du matériel en meilleur état que ces équipements obsolètes.

Alors quoi ? On les jette à la poubelle ?

Là où la plupart des gens voient un tas de débris, François Boucher, enseignant en éducation physique à l’école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal, a plutôt vu une source de financement parfaite pour son club de ski. Depuis 2015, avec ses élèves, il a amassé des milliers de dollars en transformant de vieux skis alpins et de fond, et de vieilles planches à neige, en bancs, en tables et en portemanteaux.

PHOTO FOURNIE PAR SKIS RÉCUP

Un banc combinant des planches et un ski

« Par année, on ramasse environ 1500 $ », lance fièrement le fondateur de Skis Récup. Assez pour organiser sept sorties de ski durant l’hiver pour les 35 jeunes du club et, surtout, pour donner à ses élèves une très bonne raison de se présenter à l’école, ne serait-ce que pour avoir l’occasion de travailler à l’atelier de menuiserie qu’il a mis sur pied.

PHOTO FOURNIE PAR SKIS RÉCUP

François Boucher (à droite) avec une partie de son équipe

De l’ingéniosité

« Je supervise 10 jeunes inscrits dans le programme Skis Récup qui viennent à l’atelier chaque midi », raconte M. Boucher. Les meubles sont notamment fabriqués à partir de rondins de cèdre sur lesquels sont vissés les skis. Le bois est récupéré parmi les souches et branchages abandonnés par les exploitants forestiers de la région. « On prépare le bois, on le sable, on classe les skis, on démonte les fixations, on visse les skis, on monte les bancs… » La structure et le design des meubles ont été perfectionnés par l’équipe de l’atelier. « Ça prend de l’ingéniosité, dit l’enseignant. Je suis assez habile de mes mains, je le partage avec les jeunes. Et ça marche : on avait beaucoup de jeunes qui décrochaient, et là, l’absentéisme a diminué. »

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Une table originale avec des skis comme pattes

Et d’où viennent les skis ? De la division canadienne du fabricant Rossignol, notamment, et de quelques magasins d’articles de sport. La boutique Ski Town, de Brossard, envoie chaque hiver à Skis Récup les skis trop vieux pour être loués. « Les fixations ont une durée de vie d’environ 10 ans, et après, elles ne sont plus aussi sécuritaires », dit Brigitte Trottier, qui était heureuse de trouver une façon de récupérer les équipements désuets plutôt que de les envoyer au dépotoir. « Les gens peuvent aussi venir nous porter leurs skis, et on les acheminera à Skis Récup. » L’an dernier, Ski Town a envoyé 200 paires de vieux skis aux élèves de Saint-Pascal.

Si François Boucher ne manque pas vraiment de skis grâce à ces partenariats, « on manque de temps pour répondre à la demande ! », dit-il.

Les élèves honorent des contrats tant pour des entreprises — comme la station de ski Massif du Sud (à Saint-Philémon, en Chaudière-Appalaches), qui leur a commandé une dizaine de bancs — que pour des particuliers. « Beaucoup de gens commandent des meubles pour leur chalet », dit-il. Les clients peuvent également fournir leurs propres skis pour que les élèves les intègrent à leur commande. Selon les particularités de l’objet, un banc se vend environ 250 $ et un grand portemanteaux, 75 $.

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Un portemanteaux qui ne manquera pas de surprendre

« Avoir le temps, j’ouvrirais une boutique à Montréal ou à Québec et je ferais fortune avec ça », dit à la blague François Boucher, en détaillant ses prix fort raisonnables. « Mais malheureusement, je consacre ma vie à enseigner aux jeunes ! » Il éclate alors d’un grand rire, sans une miette de regret dans la voix.

Consultez le site de Skis Récup

Recycler des skis, une opération peu rentable

Ils contiennent du métal, de la résine, de la fibre de verre, du bois, de la colle, du plastique… Le ski est un assemblage de matériaux qui rendent son recyclage fort complexe et peu rentable. Il y a quelques années, un projet de recyclage de vieux skis avait été mis en place notamment en Utah et au Colorado, où se trouvent plusieurs stations. Les skis étaient broyés et les composants étaient séparés pour pouvoir être réutilisés dans la fabrication d’autres matériaux. Mais le programme semble abandonné depuis au moins deux ans selon nos recherches, et nos tentatives pour joindre les anciens promoteurs du projet sont restées lettre morte.

Sur l’écran radar

La Ville de Laval retirera 3000 m2 d’asphalte

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

Laval prévoit de planter 7200 végétaux, dont 1500 arbres, sur des terrains privés et institutionnels, notamment dans des cours d’école.

Laval va de l’avant avec son projet de déminéralisation pour lutter contre les îlots de chaleur urbains, qui prévoit de retirer 3000 m2 de surface asphaltée et de planter 7200 végétaux, dont 1500 arbres, sur des terrains privés et institutionnels, notamment dans des cours d’école. Le projet de Laval, qui sera réalisé en 2020, vise les secteurs à forte concentration d’îlots de chaleur et ceux où se trouve une population plus vulnérable. Le contrat a été attribué la semaine dernière à la Société de verdissement du Montréal métropolitain (Soverdi) ; Laval avait reçu en avril dernier une subvention de 750 000 $ d’Ottawa et de la Fédération canadienne des municipalités pour atténuer les effets des îlots de chaleur. À titre comparatif, le projet participatif de déminéralisation Sous les pavés du Centre d’écologie urbaine de Montréal a retiré 2000 md’asphalte sur 10 sites au Québec depuis ses débuts en août 2018.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Canada : le réconfort écolo

PHOTO GETTY IMAGES

Quand les participants d’une étude écoutaient de la musique avec des écouteurs « étiquetés écologiques », par exemple, ils en tiraient plus de plaisir que ceux qui écoutaient de la musique avec des écouteurs ordinaires.

Acheter ou utiliser des produits écologiques procure un sentiment de bien-être, selon une nouvelle étude de l’Université Concordia. Des professeurs de marketing ont testé cinq groupes de deux produits plus ou moins écologiques auprès de cobayes. Quand les participants écoutaient de la musique avec des écouteurs « étiquetés écologiques », par exemple, ils en tiraient plus de plaisir que ceux qui écoutaient de la musique avec des écouteurs ordinaires. Par contre, si on leur disait qu’un produit était écologique, mais que ses bénéfices pour l’environnement étaient minimes, ils n’éprouvaient pas de plus grande satisfaction (un stylo a été utilisé pour ce test). Les résultats sont publiés dans le Journal of Consumer Research.

— Mathieu Perreault, La Presse

Une barquette en carton 100 % recyclée et recyclable

PHOTO FOURNIE PAR CASCADES

Cascades a mis au point une technologie brevetée qui recourt à une « barrière fonctionnelle à base d’eau » qui protège la barquette contre l’humidité, au lieu des solutions à base de cire ou de plastique largement répandues qui posent des défis de recyclabilité.

L’entreprise Cascades a lancé la semaine dernière une barquette pour aliments faite entièrement de fibres recyclées et, surtout, qui est recyclable et compostable, contrairement à d’autres récipients existants sur le marché. L’entreprise québécoise a mis au point une technologie brevetée qui recourt à une « barrière fonctionnelle à base d’eau » qui protège la barquette contre l’humidité, au lieu des solutions à base de cire ou de plastique largement répandues qui posent des défis de recyclabilité, a-t-elle expliqué dans un communiqué. La barquette, fabriquée au Québec, est aussi efficace que celles en plastique pour les fruits, légumes, poissons et viandes, affirme Cascades. Elle répond par ailleurs à la norme du Forest Stewardship Council (FSC) et aux exigences de l’administration étatsunienne des aliments et des médicaments (Food and Drug Administration). « Cette barquette permet à des tonnes de fibres d’être détournées des sites d’enfouissement », affirme le président et chef de l’exploitation de Cascades Groupe Produits Spécialisés, Luc Langevin.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Le CUSM certifié LEED Or pour la deuxième fois

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a obtenu une seconde certification écologique pour son bâtiment du site Glen, ouvert en 2015.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) a obtenu une seconde certification écologique pour son bâtiment du site Glen, ouvert en 2015. Le Conseil du bâtiment durable du Canada lui a décerné la mention LEED Or pour bâtiments existants ; elle s’ajoute à celle pour nouvelles constructions reçue en 2016. Il s’agit du premier hôpital au Québec à recevoir cette double certification, a souligné le CUSM dans un communiqué. « Nous avons réduit l’empreinte environnementale du bâtiment de 3365 tonnes d’équivalent CO2 par an, ce qui pourrait être comparé à 20 millions de kilomètres parcourus par une voiture », affirme Jean-Pierre Dumont, président du Groupe infrastructure santé McGill. En plus de mesures écoénergétiques qui représentent des économies d’environ 2,5 millions par année, le CUSM souligne celles concernant l’économie d’eau, la réduction de la pollution lumineuse, la gestion des matières résiduelles et l’atténuation des îlots de chaleur.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse