Sauver l’environnement peut être un vrai jeu d’enfant. Littéralement. Depuis 2014, le programme CPE durable permet à plusieurs centres de la petite enfance (CPE) d’enseigner le b.a.-ba de l’écologie aux tout-petits, tout en faisant des gestes environnementaux concrets. Portrait.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Semaine sans jouets

La direction du CPE Vire-Crêpe, situé à Lévis, dans la région de Québec, n’en revient toujours pas du succès de la Semaine sans jouets, instaurée en avril 2019. Pendant sept jours consécutifs, des objets de récupération ou de matière brute ont suffi pour amuser les enfants.

« Les rouleaux de papier de toilette sont devenus des tunnels où circulaient des petites voitures en carton. Les couvertures sont devenues des capes de superhéros », se réjouit Mélanie Plourde, directrice de la Bambinerie et de la Gaminerie au CPE Vire-Crêpe.

L’expérience a permis aux enfants d’explorer leur créativité et de laisser aller leur imagination, en plus de sensibiliser le personnel à la surconsommation de jouets de plastique.

Nous avons l’intention d’éliminer tranquillement le plastique de nos achats de jouets, de le remplacer par du bois.

Martin Demers, directeur général du CPE Vire-Crêpe

Grâce à ses aspects écologiques et éducatifs, le projet a pris une telle ampleur que Martin Demers compte renouveler l’expérience l’année prochaine, pour plus d’une semaine cette fois-ci.

Des savons faits maison

À Montréal, dans le secteur de Rosemont, le CPE La Petite-Patrie organise des ateliers de fabrication de savons pour les enfants, une activité dont ils sont friands. L’établissement réduit ainsi son empreinte écologique en éliminant complètement l’achat de savon liquide et par le fait même ses contenants de plastique. Le CPE a pratiquement cessé d’acheter du savon : le projet a engendré des économies de 2000 $ par année grâce aux 850 savons fabriqués.

Les produits utilisés dans la confection des savonnettes sont achetés en vrac. Ils proviennent de fournisseurs locaux et certains sont même livrés à vélo directement au CPE.

« Les enfants en retirent une immense fierté. Ça devient un jeu. Ils choisissent les moules, les huiles essentielles et les colorants. Parfois, ils cachent des petits jouets à l’intérieur des savons », explique Marie-Soleil Côté, membre de la direction du CPE La Petite-Patrie.

D’arbre en arbre

À Vaudreuil-Dorion, le CPE La Relève a entamé un projet de longue haleine : la plantation d’une forêt nourricière à vocation éducative. Le « jardin des découvertes » est composé de plus d’une vingtaine d’arbres de huit espèces différentes et d’arbustes fruitiers. Avec pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de lutter contre les îlots de chaleur, d’améliorer la qualité de l’air et d’encourager la biodiversité des essences d’arbres, l’idée a pris racine grâce à la détermination de Marie-Ève Rousson, arboricultrice de formation dont l’enfant fréquente le CPE La Relève.

Une quarantaine d’éducatrices et de parents ont participé à la journée de plantation en octobre dernier, dans une ambiance festive. Les enfants se sont familiarisés avec les étapes de plantation d’un arbre.

« Nous allons également organiser des ateliers, qui prendront la forme d’un parcours pour favoriser l’apprentissage des enfants. Chaque arbre et ses caractéristiques seront identifiés », explique Mme Rousson.

Dans un jardin

Le CPE Vallée Sourire, à Gracefield, a également décidé d’intégrer la nature au quotidien des enfants. Situé dans la région de l’Outaouais, en milieu rural, l’établissement a créé quatre jardins clôturés nommés « Pousse-Vert », construits grâce à un soutien financier de l’organisme 100 degrés. Le projet permet aux enfants de découvrir l’origine des fruits et des légumes, d’établir une connexion avec la nature et d’avoir accès à des aliments sains, cueillis à même le potager.

Les enfants participent à l’entretien du jardin et goûtent leur récolte. Les avantages de ce projet éducatif sont multiples, affirme Louise Chrétien, éducatrice et présidente du comité de développement durable du CPE Vallée Sourire. « Ils [les enfants] sont naturellement curieux et intéressés. Ils développent une passion en observant le cycle de croissance des plantes, la petite faune et les insectes. » Cueillir et déguster les pois, haricots, carottes et concombres qu’ils ont contribué à cultiver développe leur estime d’eux-mêmes.

CPE certifié vert

Tous ces projets ont vu le jour dans le cadre du programme CPE durable, une initiative d’ENvironnement JEUnesse (ENJEU). L’idée est d’accompagner les milieux de la petite enfance en gestion durable. Le programme offre une certification aux CPE, garderies et milieux de garde du Québec qui s’engagent à faire des gestes ayant une portée écologique.

« Il y a un véritable besoin pour ces institutions de savoir par où commencer, comment s’y prendre pour faire une différence. On chapeaute le tout pour éviter que les CPE se sentent isolés dans cette démarche », explique Catherine Gauthier, directrice générale d’ENJEU.

Plusieurs projets sont mis en place pour établir un virage vert : journées de formation ou encore échange de bonnes pratiques entre les établissements membres. De nombreux parents y ont également pris goût et participent au déploiement des projets.

Quand un enfant grandit dans un établissement qui met en valeur ce genre de comportements, il sera plus enclin à les adopter dans l’avenir, croit Mme Gauthier.

Le programme CPE durable en chiffres

60 CPE et garderies inscrits

48 établissements certifiés pour l’année 2019-2020

202 actions environnementales

12 régions du Québec

Dans une version antérieure, nous indiquions que le projet de savons faits maison avait engendré des économies de 10 000 $ par année. Il s’agit plutôt de 2000 $. Nos excuses.

Sur l’écran radar

Essais routiers du bus électrique à grande autonomie

PHOTO FOURNIE PAR LA STM

Le premier autobus électrique à grande autonomie de la Société de transport de Montréal (STM) est mis à l’essai dans les rues de la métropole.

Le premier autobus électrique à grande autonomie de la Société de transport de Montréal (STM) est mis à l’essai dans les rues de la métropole. Dans un communiqué publié la semaine dernière, la STM indique qu’elle pourra ainsi analyser la consommation d’énergie, le niveau de charge des batteries, la puissance déployée ou encore le comportement dans la neige du véhicule fabriqué par le constructeur canadien New Flyer. Aucun passager ne sera admis à bord durant cette phase de tests ; des sacs de sable simuleront plutôt leur poids. Le grand public pourra cependant le voir samedi (23 novembre), au cours de la journée portes ouvertes qui se tiendra au Centre de transport Legendre, à l’occasion du 100e anniversaire du réseau d’autobus montréalais. Cet exemplaire est le premier de 30 autobus que la STM recevra de New Flyer dans le cadre d’une commande conjointe avec la Société de transport de Laval, qui a pour sa part dévoilé son premier véhicule en août dernier.

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse

Des pailles en carton sur les petites boîtes de jus Oasis

PHOTO FOURNIE PAR LASSONDE

Lassonde, qui fabrique le jus de marque Oasis, testera de nouvelles pailles en carton sur ses formats individuels.

Lassonde, qui fabrique le jus de marque Oasis, testera de nouvelles pailles en carton sur ses formats individuels. Il s’agit d’une « première en Amérique du Nord », selon l’entreprise québécoise qui souhaite « remplacer les pailles en plastique » d’ici 2025. Les contenants de jus de pomme seront d’abord testés dans 14 IGA et 10 restaurants St-Hubert. Pour des raisons de salubrité, la paille en « papier certifié FSC » est protégée par du plastique, mais cet emballage est recyclable, indique Lassonde. « Nous évaluons d’autres solutions en remplacement de l’enveloppe de plastique. », ajoute le porte-parole Sylvain Morissette. Les consommateurs sont invités à donner leur opinion sur la paille sur oasis.ca/paille.

— Marie-Eve Fournier, La Presse

Fini, les cuisinières au gaz

PHOTO GETTY IMAGES

L’interdiction du gaz naturel dans les nouvelles constructions commence à se répandre, en Californie. L’objectif est de favoriser l’électrification du secteur de l’habitation.

L’interdiction du gaz naturel dans les nouvelles constructions commence à se répandre, en Californie. Treize villes et un comté ont adopté des modifications à leur code du bâtiment au cours des derniers mois, rapportait le quotidien USA Today, la semaine dernière. L’objectif est de favoriser l’électrification du secteur de l’habitation. Ironiquement, 35 % de l’électricité consommée en Californie est produite à partir du gaz naturel, selon la Commission de l’énergie de l’État, mais Sacramento a annoncé l’an dernier qu’elle proviendrait entièrement de sources renouvelables d’ici 2045. Les constructions existantes ne sont pas concernées par ces réglementations, qui visent à empêcher la construction de nouvelles infrastructures gazières. Une cinquantaine d’autres administrations, non seulement en Californie, mais aussi dans les États du Massachusetts, de l’Oregon et de Washington, étudieraient également l’idée, selon l’organisation écologiste Sierra Club. 

— Jean-Thomas Léveillé, La Presse