L’administration Trump vient d’intenter une poursuite contre l’État de la Californie, l’accusant d’avoir formé une entente internationale sur le marché du carbone avec le Québec en 2013, ce qui outrepasserait ses droits.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

« L’État de Californie s’est écarté de son droit constitutionnel pour conclure un accord international sur les émissions », a déclaré le procureur général adjoint Jeffrey Bossert Clark dans un communiqué.

« Le pouvoir de conclure de tels accords est réservé au gouvernement fédéral, qui doit pouvoir s’exprimer d’une seule voix dans le domaine de la politique étrangère américaine. »

L’administration Trump nie le consensus scientifique au sujet des changements climatiques, a assoupli les réglementations entourant la production d’énergies fossiles et compte retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, conclu en 2015.

Mercredi, le premier ministre du Québec, François Legault, s’est dit « satisfait » de la bourse du carbone.

« Si jamais la Californie se retirait, je pense qu’on peut continuer seul […]. [Ceci dit], pour avoir parlé à certains gouverneurs, je sais que d’autres États américains pensent se joindre à la bourse du carbone. Mais bon, on ne commencera pas à débattre de ce que dit M. Trump. »

Le premier ministre a dit croire que la bourse du carbone serait tout de même viable sans la Californie.

« Je pense que oui. […] Je trouve que c’est un système qui est intelligent. Je préfère ce système à une taxe sur le carbone. […] J’invite les autres provinces à considérer la bourse sur le carbone. »

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué mercredi que son gouvernement allait suivre ce dossier de près, mais il a aussi admis qu’il ne connaissait pas les détails de la contestation judiciaire aux États-Unis et les impacts qu’elle aurait sur le Québec. « Le Québec a démontré depuis longtemps un leadership dans la lutte contre les changements climatiques au Canada, comme la Colombie-Britannique », a-t-il rappelé lors de la première conférence de presse donnée depuis sa réélection lundi.

Convaincre d’autres provinces

François Legault croit par ailleurs que d’autres provinces canadiennes pourraient se joindre au marché du carbone — même si le premier ministre Doug Ford a retiré l’Ontario de ce régime au lendemain de son élection l’an dernier.

« J’en ai parlé avec Doug Ford, j’en ai parlé avec les autres premiers ministres au mois de juillet. Je continue de penser que la bourse du carbone, c’est plus intelligent et c’est plus efficace qu’une taxe sur le carbone […] J’invite les autres provinces à considérer la bourse du carbone. »

La taxe fédérale sur le carbone a été imposée plus tôt cette année aux provinces qui n’avaient pas mis en place un régime de tarification des émissions de carbone à la satisfaction d’Ottawa. Cinq provinces qui se sont fait imposer cette taxe par le fédéral ont contesté devant les tribunaux la validité de cette mesure ou ont annoncé leur intention de le faire, dont l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

– Avec la collaboration d’Hugo Pilon-Larose, à Québec et La Presse canadienne