Montréal poursuit son offensive contre l’agrile du frêne. Elle paiera l’ensemble des traitements nécessaires à l’éradication de l’insecte, même sur les terrains privés.

Isabelle Grignon-Francke Isabelle Grignon-Francke
La Presse

Pour maintenir les frênes en santé et éviter un nouvel abattage, la Ville s’engage à continuer les traitements pendant 10 à 15 ans. La bataille contre l’insecte pour lequel la ville a payé 20 millions depuis 2016 continuera de coûter cher.

Luc Ferrandez, responsable des Grands parcs, des Espaces verts et des Grands projets, s’est engagé à assumer les traitements bisannuels nécessaires pour préserver les frênes. Près de 30 700 arbres ont été traités en 2018, majoritairement sur des terrains publics.  

Cette année, Montréal enrichira aussi ses interventions en sol privé. Le coût du traitement des frênes des particuliers sera désormais entièrement absorbé par la Ville. L’an dernier, elle remboursait environ le deux-tiers des frais de traitement. L’offre d’un service gratuit et universel fera économiser 300 000 $ à la Ville grâce à la réduction des frais de gestion des dossiers.

Pour M. Ferrandez, maire du Plateau-Mont-Royal, le pire a été évité. « On a gagné la bataille », a-t-il lancé en conférence de presse hier, admettant toutefois que des actions auraient pu être prises plus tôt.

En 7 ans, un total de 29 400 frênes ont été abattus sur le territoire de la ville. En 2012, 35 frênes seulement ont été coupés. L’an dernier, 9081 ont connu le même sort.  

Montréal tente de sauver en priorité les 60 000 frênes bordant les rues montréalaises. Les frênes en milieux boisés sont traités différemment. On abat et on nettoie les forêts des arbres morts et infestés, mais pas question d’effectuer de traitements avec des insecticides. C’est le cas du parc-nature du Bois-de-Saraguay où 6500 arbres ont été coupés. Exception à cette règle : le Mont-Royal, où 60 % des frênes ont été traités.

La Ville connaît mal le nombre de frênes sur les terrains des particuliers. Le dernier inventaire mentionnait la présence d’environ 45  000 arbres de cette espèce. De ce nombre, 10 000 ont été traités. Pour les autres, difficile d’évaluer leur état.  

Planter plus 

La Ville souhaite accroître le nombre d’arbres dans la métropole. En 2018, près de 19 000 arbres ont été plantés sur des terrains publics. La Ville souhaite augmenter son indice de canopée de 5 % d’ici 2025, afin que 25 % de la métropole soit recouverte d’arbres.  

Les investissements de la ville traduisent ce désir de verdissement. En 2018, la lutte contre l’agrile du frêne a coûté 4,3 millions, alors que 7,3 millions ont été dépensés pour les plantations dans les grands parcs et les terrains publics. « Fini les arbres asperge qui ne poussent jamais, comme sur la rue Sherbrooke », a promis M. Ferrandez. Il a réitéré l’importance de la forêt urbaine pour contrer les îlots de chaleur et absorber la pollution.