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La Tanzanie renonce à une route dans un parc national

Un lion endormi dans le parc national du... (Photo: archives Bloomberg News)

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Un lion endormi dans le parc national du Serengeti, en Tanzanie.

Photo: archives Bloomberg News

Agence France-Presse
Paris

La Tanzanie a renoncé à son projet controversé de construire une route bitumée dans le parc national du Serengeti, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, a-t-on appris samedi auprès de l'agence onusienne dont le siège est à Paris.

«Le comité du Patrimoine mondial a reçu l'assurance de la part de la Tanzanie que ce projet d'autoroute est abandonné», a indiqué à l'AFP l'agence des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.

«Donc le comité a décidé de ne pas inscrire le site dans la liste du patrimoine mondial en péril puisque la menace a disparu», a-t-on ajouté de même source.

L'organisation non gouvernementale Serengeti Watch, qui s'est donné pour mission de veiller à la préservation de l'écosystème du Seregenti, est cependant plus réservée. «Nous ne considérons en aucune manière qu'il s'agisse là du mot de la fin dans la saga de l'autoroute du Serengeti», indique cette organisation sur son site internet.

Les autorités tanzaniennes avaient pour projet de construire le «Serengeti Highway», une route bitumée à deux voies reliant Musoma sur les rives du lac Victoria, dans le nord de la Tanzanie, à Arusha, en traversant sur 50 km le nord du parc du Serengeti, le long de la frontière kényane.

Le projet était contesté par de nombreux scientifiques et spécialistes, qui y voyaient une menace pour la «Grande migration», unique au monde par sa taille.

Chaque année quelque deux millions d'herbivores migrent du parc du Serengeti en Tanzanie vers le Masaï Mara au Kenya, les deux réserves formant un seul et même écosystème.

Le gouvernement tanzanien maintient le projet d'une route traversant le nord du pays. Mais cette route ne sera pas bitumée entre Mugumu, à 12km à l'ouest du Serengeti, et Loliondo, à 57,6 km à l'est du parc national, ni sur les 53 km traversant le parc proprement dit, indique le ministre des Ressources naturelles et du Tourisme Ezekiel Maige, dans une lettre adressée au Comité du patrimoine mondial, telle que reproduite in extenso par Serengeti Watch.

L'AFP n'a pu avoir samedi confirmation du contenu de cette lettre auprès du gouvernement tanzanien.

Le gouvernement tanzanien «confirme que le projet de route ne va pas couper le parc national du Serengeti et qu'en conséquence, il ne va pas avoir d'effet sur la migration» annuelle, selon ce courrier daté de mercredi, et destiné à «clarifier le projet de route goudronnée au nord de la Tanzanie».

Enfin, le gouvernement tanzanien affirme qu'il «étudie également sérieusement la construction d'une route de Mugumu à Arusha passant au sud (...)  du parc national du Serengeti», ajoute le ministre.

Un tel projet de route contournant le parc par le sud a été proposé par 27 experts en biodiversité, dans une tribune publiée en septembre dernier par la revue Nature, et dans laquelle ces spécialistes affirmaient qu'une route bitumée à travers le Serengeti «provoquerait un désastre environnemental».

En novembre dernier, l'UNESCO avait appelé à ce propos la Tanzanie à ne pas faire passer le développement économique avant la sauvegarde de son patrimoine.

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, réuni jusqu'au 29 juin en session annuelle à Paris, doit passer en revue l'état de conservation de 169 sites du Patrimoine mondial.

Il doit aussi examiner 35 nouveaux sites naturels ou culturels et décider lesquels seront inscrits au patrimoine mondial pour leur «valeur universelle exceptionnelle».




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