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Des autochtones du Yukon témoins des changements climatiques

Le village de Dawson, au Yukon, photographié du... (Photo: Archives La Presse)

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Le village de Dawson, au Yukon, photographié du haut des collines environnantes en juin 2003.

Photo: Archives La Presse

Autrefois solides comme du roc, les fondations du village de Dawson, qui a servi de décor à l'album Klondike de Lucky Luke, se transforment en marais de boue. Les maisons western construites sur du pergélisol subissent l'érosion des récifs, sans compter la crue des eaux de la rivière Yukon.

Sans le vouloir, donc, les 2000 autochtones de ce territoire au coeur du Yukon deviennent les premiers témoins du Nord canadien à s'adapter à des changements climatiques. Ils sont par le fait même des modèles pour les experts scientifiques qui veulent aider les Inuits de l'extrême Arctique à s'adapter à la fonte des glaces.

 

Frank Duerden, professeur au département de géographie de l'Université Ryerson, à Toronto, s'intéresse au Yukon depuis 20 ans. Il s'est rendu à trois reprises à Dawson au cours de l'année. L'homme a exposé ses conclusions au colloque international Arctic Change 2008, à Québec, qui prend fin aujourd'hui.

Du temps sec et chaud. Des incendies de forêt de plus en plus nombreux. Des pluies et précipitations de neige abondantes. Les risques d'inondations sont grandissants, dit-il, et toute la région en subit les contrecoups, de même que la faune et la flore.

«Normalement, la rivière a l'habitude de geler au mois de novembre, mais elle ne l'était pas encore il y a quelques semaines, explique M. Duerden. Or, cette rivière devient un pont de glace pour les habitants en hiver. Ils doivent donc déjà changer leurs habitudes en faisant des réserves de nourriture et en passant plus de temps devant l'ordinateur, à attendre le gel.»

Il y aurait bien la solution de construire un pont, mais on estime que les travaux coûteraient 30 millions. Les autochtones de Dawson choisissent plutôt de s'adapter, et n'ont pas l'intention d'abandonner leur terre patrie. En la matière, estime le professeur, ils possèdent une capacité de résilience exemplaire.

«Vous savez, explique M. Duerden, les gens de Dawson ont connu des incendies de forêt dévastateurs, en 2004, qui ont perturbé le tourisme, mais ils se sont relevés. Même chose en 1979, après des inondations qui ont coûté 28 millions en dommages. Même après la fin de la ruée vers l'or, il y a 100 ans, les gens se sont relevés.»

Le chercheur associé à CAVIAR, organisme international de recherche sur les changements climatiques, retourne à Dawson en février. Sa recherche se penchera davantage sur l'adaptation et les façons de bien faire comprendre aux autochtones ce que les changements climatiques veulent dire.

À ce titre, il prévoit entre autres que toutes les infrastructures souterraines de Dawson seront bientôt à refaire, de même que les services de traitement des eaux. L'autoroute qui traverse les territoires du Yukon aussi est construite sur du pergélisol. Comme quoi il n'y a pas que les tuyaux et égouts de Montréal qui ont atteint la fin de leur vie utile...

 




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