Le Parti québécois pourrait encore causer la « surprise » au scrutin de lundi, a déclaré Jean-François Lisée, samedi, après la parution de deux sondages qui situent sa formation politique en troisième place dans les intentions de vote.

MARTIN CROTEAU LA PRESSE

Un sondage Ipsos-La Presse-Global News paru vendredi a prédit un score de 32% pour la Coalition avenir Québec, 31% pour le Parti libéral, 18% pour le Parti québécois et 16% pour Québec solidaire. Une enquête Léger publiée samedi matin a brossé un portrait à peu près identique de la course.

De passage à Saint-Esprit, dans Lanaudière, M. Lisée s'est dit « confiant » de pouvoir l'emporter, tout en utilisant le mot « surprise » pour désigner cette éventualité.

Une donnée des sondages alimente cet espoir : le vote cumulé de QS et du PQ serait supérieur à celui de la CAQ et du PLQ. M. Lisée mise sur le « rassemblement » de ces électeurs derrière son parti, un thème qu'il martèle depuis plusieurs jours.

« Si tous ces gens votaient pour le même parti progressiste, de changement, pour l'environnement, et pour la réforme du mode de scrutin, la victoire serait certaine, a dit M. Lisée. Alors nous on appelle les électeurs à dire voyez : la victoire est à portée de main si on rassemble les électeurs autour du parti qui a toujours prôné le rassemblement. »

M. Lisée estime que c'est la nature même de son parti qui lui donne espoir de fédérer les partisans du changement.

« On est le parti de coalition et de rassemblement où il y a des gens qui ont des valeurs très proches des électeurs de QS et on a des gens qui ont des valeurs très proches des valeurs de la CAQ, a-t-il dit. Il n'y a personne d'autre qui est dans cette position-là. C'est parce que le Parti québécois a été construit comme ça. »

Rencontre heureuse

Une rencontre fortuite dans le parc où M. Lisée prenait la parole a d'ailleurs alimenté son optimisme. Walter Murphy, le directeur d'une entreprise locale, a interpellé le chef péquiste pour lui confirmer son soutien. Il était jusque là un supporter du Parti libéral.

« Mon coeur est encore libéral, mais je ne voterai pas libéral, a dit M. Murphy. Avec toutes les choses qui se passent, je pense que c'est bien beau de voter libéral mais je pense que c'est assez. Et je ne voterai pas pour M. Legault. Il a été dans ma circonscription, Rousseau, et à mon avis il n'a pas fait grand-chose. »

La cible: la CAQ

M. Lisée a pris la parole aux côtés de sa vice-chef Véronique Hivon et de l'ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau, pour dénoncer la promesse caquiste d'instaurer la prématernelle à 4 ans. Tableau à l'appui, il a indiqué que cette politique entraînerait des coûts supplémentaires aux parents, car elle les forcerait à recourir à des camps d'été plutôt qu'à la garderie.

Le PQ propose de réduire les tarifs des garderies subventionnées et de créer 21 000 nouvelles places dans le réseau des Centres de la petite enfance (CPE).

M. Lisée n'a pas fait le même exercice de comparaison avec le plan solidaire d'étendre le réseau des CPE et de les rendre gratuits. Pas un mot non plus sur les promesses libérales en la matière.

En fait, M. Lisée a retenu ses coups face au parti de Manon Massé, ciblant plutôt celui de François Legault. Il a dit craindre les politiques caquistes en matière d'immigration et d'éducation.

Invité à visualiser un éventuel gouvernement caquiste, il a affirmé : « Moi, c'est la crainte qui m'habite. »