Québec solidaire (QS) a tenté d'élargir sa base électorale, ce matin, en lançant un appel nostalgique aux baby-boomers. Au menu : années 60-70, gouvernement Lévesque et Révolution tranquille.

Mis à jour le 26 sept. 2018
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Rattrapée par ses déclarations de lundi sur le marxisme, Manon Massé a continué de s'en dissocier, préférant comparer sa QS au Parti québécois (PQ) des premières années.

«Mon peuple est un peuple fier, un peuple qui a fait de grandes choses, et aujourd'hui - parce que les vieux partis nous maintiennent dans une vision d'économie de colonnes de chiffres -, notre peuple n'a plus d'espace pour désirer mieux, pour souhaiter mieux, pour rêver mieux», a déploré Manon Massé en point de presse au centre-ville de Montréal, entourée par ses candidats dans la métropole. «Et oui, dans les années 60 et 70, notre peuple a rêvé mieux. Et je pense qu'on est encore capables de rêver mieux.»

«Je me souviens d'un peuple qui ne s'est pas laissé gagner par la peur. Je me souviens d'une époque où on ne votait pas pour le moins pire, mais par enthousiasme, par espoir pour l'avenir», avait-elle précédemment affirmé dans son discours.

«Du marxisme? Oui, ça l'est»

Lundi soir, en entrevue télévisée à CBC News, la candidate de QS au poste de première ministre a accepté l'étiquette de «marxiste» que l'intervieweuse lui proposait. «Je pense que la révolution qu'emmène Québec solidaire, c'est une révolution qui met le changements climatiques et la population au centre de nos priorités», a-t-elle dit. «Si vous appelez ça le socialisme, bien sûr que nous le sommes. Vous appelez ça du marxisme? Oui, ça l'est. La chose la plus importante pour nous c'est d'améliorer la vie des gens.» 

Depuis hier matin, Mme Massé nuance ou retire alternativement ses propos, faisant valoir qu'elle accordait peu d'importance aux étiquettes, que son anglais était défaillant et que ses connaissances en sciences politiques étaient limitées

Le PQ de René Lévesque s'est fait taxer de «marxisme» dans ses premières années, a rappelé Mme Massé ce matin. La similarité des attaques, «je prends ça comme un compliment», a ajouté la co-porte-parole. Son discours empruntait d'ailleurs à la formule de l'ex-premier ministre en proposant de «retrouver l'ambition qui a fait du peuple québécois quelque chose comme un grand peuple».

Alors, revendique-t-elle l'héritage du père du Parti québécois?

«Je pense que le parti qui parle à chaque élection depuis 12 ans de souveraineté et d'indépendance, contre vents et marées, malgré les sondages, qui ne prend pas ça à la légère parce qu'on y croit à Québec solidaire, peut-être qu'on peut [dire] que c'est l'héritier du parti visionniaire de René Lévesque», a répondu Manon Massé.