Cinq jours après avoir promis de créer 17 000 nouvelles places dans les centres de la petite enfance (CPE), Jean-François Lisée a promis d'en créer 21 000, mardi. Le chef péquiste a expliqué ce bond de presque 25 % par le manque d'informations fournies par le gouvernement.

Mis à jour le 18 sept. 2018
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

De passage à Repentigny, le chef du Parti québécois a promis d'éliminer complètement les listes d'attente dans les services de garde. Pour ce faire, il a promis de créer 21 000 nouvelles places en CPE afin de compléter le réseau.

« C'est vraiment le plus beau geste qu'on puisse poser pour la société québécoise, faire en sorte que tous nos enfants, sans exception, puissent avoir accès à un service de garde éducatif et de mettre l'accent sur la qualité », a dit M. Lisée.

En tenant compte des places dont le gouvernement Couillard a déjà planifié la construction, le chef péquiste s'engage à ce qu'un total de 26 800 places en CPE soient créées d'ici 2022.

Pourtant, il y a cinq jours, M. Lisée promettait un nombre de places nettement inférieur.

« Le Parti québécois va compléter le réseau des CPE en quatre ans. Il va y avoir 17 000 places de plus en CPE », a-t-il déclaré au premier débat des chefs, jeudi dernier.

M. Lisée a expliqué mardi que son intention a toujours été la même, à savoir de compléter le réseau des CPE pour mettre fin une fois pour toutes aux listes d'attente.

« Il y a une volonté d'être précis et une volonté de répondre vraiment à la demande, a dit M. Lisée. Notre objectif clair, c'est qu'il n'y ait plus de listes d'attente d'ici quatre ans. La difficulté qu'on a, c'est d'avoir des chiffres rigoureux du gouvernement du Québec. »

Le PQ a raffiné ses recherches depuis jeudi dernier pour en arriver à l'annonce de mardi, a-t-il précisé.

« On a concentré nos efforts de recherche, nos demandes d'information à nos partenaires pour essayer de raffiner notre évaluation des choses, pour être sérieux avec vous ce matin », a dit M. Lisée.

Le PQ calcule que la construction des locaux coûtera 236 millions sur quatre ans. Les frais d'exploitation des nouvelles places s'élèveront à 127 millions par année au terme du mandat.

Tarif unique

M. Lisée a par ailleurs confirmé son engagement, d'abord pris en janvier, de rétablir le tarif unique dans les services de garde. Selon lui, la décision du gouvernement Couillard de les moduler en fonction du revenu équivaut à une « taxe famille ».

Sous un gouvernement péquiste, le tarif dans une garderie subventionnée passerait donc à 8,05 $ par jour pour un premier enfant. Le coût baissera à 4 $ pour un deuxième enfant, et ce sera gratuit pour un troisième et les suivants.

L'accès aux services de garde sera gratuit pour les familles ayant un revenu inférieur à 34 000 $ par année.

Le réaménagement de la grille tarifaire entraînera des dépenses de 343 millions par année.

Qualité

Un gouvernement péquiste présentera par ailleurs un projet de loi pour rehausser la qualité des services de garde. On prévoit imposer une série de critères, notamment quant à la formation des éducatrices, aux inspections du ministère ou à l'application du programme pédagogique.

M. Lisée propose par ailleurs de lancer un programme de conversion des places en garderie privée. Ces établissements seraient incités - mais pas obligés - à intégrer le réseau des CPE. Cette mesure s'ajoute à la création de 21 000 nouvelles places.

La Coalition avenir Québec propose elle aussi le retour au tarif unique dans les services de garde. Son chef François Legault propose d'étendre à l'ensemble de la province la prématernelle à 4 ans, calculant que cette mesure permettra de libérer 50 000 places dans les services de garde.

« Chaos » caquiste

Mais cette approche n'est ni « réaliste » ni « souhaitable », argue M. Lisée. Selon lui, un gouvernement de la CAQ créerait le « chaos », tant dans les garderies que dans les écoles primaires.

« Il n'y a pas d'univers connu dans lequel il serait possible de créer 5000 classes nouvelles dans les écoles primaires du Québec. Ça n'existe pas, ça ne se peut pas. M. Legault n'a pas fait la démonstration que ça se pouvait. »