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Les agriculteurs étranglés par l'impôt foncier, dit l'UPA

L'Union des producteurs agricoles demandera aujourd'hui aux différents... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse)

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L'Union des producteurs agricoles demandera aujourd'hui aux différents partis politiques de s'engager à intervenir pour endiguer le phénomène de la montée en flèche des taxes municipales payées par les agriculteurs de la province.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

Les agriculteurs québécois sont étranglés par une facture de taxes municipales de plus en plus salée à mesure que monte en flèche la valeur marchande de leurs terres, et l'Union des producteurs agricoles (UPA) va demander aujourd'hui aux différents partis de s'engager à intervenir pour endiguer le phénomène.

« Ça devient insoutenable. Il y a des producteurs de céréales en Montérégie dont le quart du revenu net de l'entreprise est accaparé par le coût des taxes municipales. À un moment, la question de la rentabilité va se poser », prévient le président de l'UPA, Marcel Groleau.

Les agriculteurs sont soumis au Québec à un régime de taxation municipale unique : ils paient les mêmes taxes municipales que tout le monde sur leur propriété, mais une part importante de l'impôt foncier sur leurs terres de cultures est remboursée par le Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA).

Mais selon l'UPA, ce programme du gouvernement a plafonné la hausse de ses remboursements à 5 % par année. La valeur marchande des terres, elle, augmente beaucoup plus rapidement. Elle a plus que triplé (340 %) de 2007 à 2017, selon les chiffres de la Financière agricole du Québec.

Résultat ? Les municipalités qui se fient à cette valeur marchande augmentent les taxes foncières des agriculteurs d'autant. Les remboursements du PCTFA ne suivent pas le rythme. Les agriculteurs assument donc une part grandissante de la « tarte foncière » québécoise par rapport aux autres citoyens, dénonce l'UPA.

À Saint-Rémi, l'agricultrice Brigitte Pigeon explique que sa facture de taxes municipales a grimpé de plus de 30 % en cinq ans. Celle qui produit des haricots jaunes et verts sur une terre de 1000 hectares constate que la situation est particulièrement inquiétante dans sa région, la Montérégie.

« La facture monte, mais on n'a pas plus de services, on n'a pas plus de production », dit-elle dans un entretien téléphonique. Je vais vous dire que ça fait peur à la relève.

« Quand les jeunes voient la taxation municipale qui monte en flèche, c'est inquiétant. C'est à se demander si ça va rester rentable. » - Brigitte Pigeon, agricultrice

DES TERRES DANS L'OEIL DES SPÉCULATEURS

L'UPA demande au prochain gouvernement de bonifier le PCTFA, de limiter la valeur taxable des terres agricoles à 20 000 $ l'hectare et d'introduire un taux de taxation inférieur pour les agriculteurs dans des municipalités où l'État constate que ceux-ci assument une part croissante de la « tarte foncière ».

Mais les agriculteurs ne bénéficient-ils pas de la montée en flèche de la valeur de leurs terres ? Pour l'UPA, ce n'est vrai qu'en partie.

« C'est vrai pour ceux qui vendent. Mais notre objectif n'est pas de vendre nos terres, mais de les cultiver. Et ça va devenir de plus en plus compliqué si rien n'est fait », dit son président, Marcel Groleau.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent la montée de la valeur marchande des terres. D'abord, peu d'entre elles sont à vendre. Il y a aussi le phénomène relativement nouveau des spéculateurs. « Les terres sont vues comme des valeurs refuges maintenant », dit le président de l'UPA.




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